Dieselgate : 16 000 morts prématurés en France, un scandale sanitaire et économique 
Dieselgate : 16 000 morts prématurés en France, un scandale sanitaire et économique 

Une étude inédite du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) révèle que les moteurs diesel truqués mis en circulation entre 2009 et 2019 auraient provoqué la mort prématurée de 16 000 personnes en France. D’ici 2040, ce bilan pourrait s’alourdir de 8 000 décès supplémentaires, tous jugés évitables.

Un impact massif sur la santé publique et l’économie

Ces moteurs équipés de dispositifs d’invalidation ont émis illégalement des doses de dioxyde d’azote bien supérieures aux seuils autorisés. Résultat : un surcroît de pollution responsable de pathologies graves comme les cancers, les maladies cardiovasculaires ou l’asthme. L’étude chiffre à 26 000 le nombre de nouveaux cas d’asthme liés à ces véhicules et à 2,4 millions les jours d’arrêt maladie qu’ils auraient entraînés. L’impact économique est tout aussi alarmant : 146 milliards d’euros de pertes pour la France, et 1 200 milliards à l’échelle européenne. Une facture alourdie par les soins médicaux, les pertes de productivité et les décès prématurés. En Europe, 205 000 morts sont imputées à ce scandale.

Des responsables, mais peu de remises aux normes

Alors qu’aux États-Unis, des rappels massifs avaient été imposés dès la révélation du scandale, la France a opté pour une posture bien plus souple. Pour France Nature Environnement, cette inaction traduit un abandon des citoyens au profit des constructeurs. « C’est un choix politique, un non-sens sanitaire », déplore Anne Lassman-Trappier, qui réclame que l’État impose enfin la remise aux normes des véhicules toujours en circulation. Malgré quelques condamnations récentes en Allemagne, dont celle de quatre anciens cadres de Volkswagen, les conséquences judiciaires peinent encore à être à la hauteur d’un scandale que certains comparent désormais à celui de l’amiante.

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