SANTÉ - L’impact destructeur des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes
SANTÉ – L’impact destructeur des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes

Anorexie mentale, boulimie nerveuse, hyperphagie : les troubles des conduites alimentaires touchent près d’un million de personnes en France, selon l’Assurance Maladie. Longtemps cantonnés à l’intime, ces troubles s’exposent désormais sur les réseaux sociaux, qui en deviennent de puissants amplificateurs. Diététiciens, psychiatres et soignants alertent : TikTok, Instagram et consorts ne se contentent plus d’influencer, ils mettent en danger.

« On ne traite plus un TCA sans aborder les réseaux sociaux. Ils sont devenus un facteur déclencheur, un accélérateur certain et un obstacle à la guérison », résume une diététicienne-nutritionniste à Paris.

Des images qui glorifient la maigreur

Sur TikTok, les hashtags #skinnytok, #ana (pour anorexie) ou encore #proana regorgent de vidéos mettant en scène des corps émaciés, des “journées alimentaires” à 500 calories, ou des jeunes femmes s’imposant des séances de sport jusqu’à l’épuisement. Des contenus aux allures de “routines bien-être” qui dissimulent des messages violents et culpabilisants.

Sur ces vidéos, on voit des jeunes filles souffrant clairement d’anorexie mentale qui exposent leur maigreur comme un trophée. D’autres filment leurs crises de boulimie ou leurs purges. Ces vidéos banalisent le recours aux vomissements ou aux laxatifs.

Le danger est bien réel : les complications médicales liées aux TCA sont multiples, comme les troubles cardiaques, les troubles menstruels, ou encore l’ostéoporose. Et les chiffres sont alarmants. Chez les 15-24 ans, les TCA représentent la deuxième cause de mortalité prématurée après les accidents de la route, selon l’Assurance Maladie.

Une spirale infernale

La dynamique est perverse : une adolescente souffrant de TCA, en postant des photos de son corps dénutri, peut rapidement accumuler des likes, abonnés et commentaires valorisants, renforçant son trouble et l’installant dans le déni. Une sorte d’engrenage malsain : les jeunes en mal d’estime trouvent dans ces plateformes une forme de validation malsaine. Et parfois même… une source de revenus…

Une prise en charge rendue plus difficile

Même lorsque le suivi médical est amorcé, les réseaux sociaux compliquent tout. Les soignants doivent désormais « déconstruire » les fausses croyances inculquées par les influenceurs bien plus présents dans le quotidien des adolescents.

Le drain d’informations nutritionnelles erronées, souvent promues par des « pseudo-coachs » autoproclamés, est massif. La parole de ces influenceurs pèse davantage que celle des professionnels ou des institutions de santé publique. Et pendant ce temps, les professionnels ont le plus grand mal pour faire entendre des messages simples sur la diversité alimentaire ou le respect du corps…

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