MONDE Moyen-Orient

La Syrie condamne l’ancien grand mufti d’Assad à la prison à vie

La Syrie condamne l’ancien grand mufti d’Assad à la prison à vie
La Syrie condamne l’ancien grand mufti d’Assad à la prison à vie

Un tribunal syrien a prononcé lundi une peine de réclusion à perpétuité contre Ahmad Hassoun, qui a occupé pendant seize ans la fonction de grand mufti sous Bachar al-Assad. Il devient le dixième responsable de l’ère Assad condamné par les nouvelles autorités syriennes.

Âgé de 77 ans, Ahmad Hassoun a été reconnu coupable d’une série de crimes, dont l’incitation aux troubles sectaires et la justification de meurtres. Le juge Fakhreddine al-Aryan a précisé que l’établissement religieux officiel sous Assad avait « justifié l’utilisation de barils d’explosifs ciblant des zones civiles et causant des destructions massives, ce qui constitue une violation des règles du droit international humanitaire ».

Natif d’Alep, Hassoun avait exercé les fonctions de plus haut dignitaire islamique de Syrie de 2005 à 2021, date à laquelle le poste a été supprimé. Connu pour ses liens étroits avec l’ancien président, il apparaissait régulièrement à ses côtés lors des cérémonies religieuses. Il avait été arrêté en mars 2024 à l’aéroport de Damas alors qu’il tentait de quitter le pays.

Ce verdict intervient dans un contexte de procès en série visant les figures de l’ancien régime. Au début du mois, Bachar al-Assad et son frère Maher ont été condamnés à mort par contumace pour les atrocités commises durant la guerre civile syrienne. Les cousins du président déchu, Atif Najib et Wassim al-Assad, ont eux aussi été condamnés à mort, mais jugés en leur présence.

Le conflit, déclenché en 2011 après la répression de manifestants antigouvernementaux, a fait plus d’un demi-million de morts et contraint des millions de Syriens à l’exil. Il s’est achevé en décembre 2024 avec la chute du régime, renversé par une offensive menée par des militants islamistes. Bachar al-Assad a fui la Syrie et se trouverait actuellement en Russie.

Si ces condamnations ont été accueillies favorablement par une partie de la population syrienne, qui reprochait au nouveau gouvernement de tarder à agir contre les responsables de l’ancien régime, des organisations de défense des droits humains ont exprimé des réserves. « Faire avancer la justice pour les nombreux crimes graves commis en Syrie exige plus que des condamnations : il faut construire un système capable de rendre une justice compétente, impartiale et indépendante », a déclaré Balkees Jarrah, directrice pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de Human Rights Watch.

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