Les pays africains et caribéens ont renforcé vendredi leur campagne en faveur de réparations liées à l’esclavage transatlantique, en adoptant un vaste plan lors d’une conférence organisée au Ghana. Les participants ont notamment réclamé des excuses officielles de la part des nations ayant tiré profit de la traite négrière, ainsi que des compensations financières et un allègement de la dette pour les pays concernés.
La réunion, tenue à Accra, a rassemblé des représentants de plusieurs États africains et caribéens autour d’un programme commun visant à obtenir une reconnaissance accrue des conséquences historiques de l’esclavage. Cette initiative intervient quelques mois après l’adoption, en mars, d’une résolution des Nations unies qualifiant l’esclavage transatlantique de « crime le plus grave contre l’humanité ».
À l’issue de trois jours de discussions, les participants ont approuvé un plan de réparations en 19 points. Ce document a été soutenu par la Commission de l’Union africaine ainsi que par la Commission de justice réparatrice de la Communauté des Caraïbes (CARICOM). Le texte ne désigne toutefois pas explicitement les pays qui devraient présenter des excuses officielles.
Parmi les principales mesures proposées figure la création d’un Fonds mondial de réparations destiné à financer des programmes de développement et de compensation. Les signataires demandent également un allègement, voire une annulation complète, de la dette de certains pays affectés par les conséquences historiques de l’esclavage et de la colonisation.
Le plan appelle aussi à une réforme des institutions financières internationales afin d’accorder une représentation plus importante aux pays du Sud. Les participants estiment que les structures actuelles continuent de refléter des déséquilibres hérités de l’histoire coloniale.
Les revendications ne se limitent pas aux questions financières. Le document réclame également la restitution d’objets culturels pillés, le retour de restes humains conservés dans des collections étrangères et un soutien accru aux initiatives liées à la justice climatique, considérée comme un enjeu étroitement lié aux inégalités historiques.
Cette mobilisation illustre la montée en puissance du débat international sur les réparations pour l’esclavage. Alors que plusieurs pays européens et organisations internationales sont de plus en plus sollicités sur cette question, les États africains et caribéens entendent désormais parler d’une seule voix pour obtenir des réponses concrètes à leurs demandes.
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