Donald Trump a accueilli dimanche une cérémonie des Kennedy Center Honors transformée en vitrine personnelle, saluant Sylvester Stallone, Kiss, Gloria Gaynor, Michael Crawford et George Strait. Devenu le premier président à présenter lui-même la soirée, Trump a multiplié les hommages emphatiques, évoquant des artistes suivis selon lui par des milliards de personnes à travers le monde. Cette prise de contrôle marque l’un de ses gestes les plus visibles contre une institution qu’il critique depuis des années pour son orientation jugée trop progressiste.
Une cérémonie inédite, entre éloges appuyés et piques mordantes
Trump, qui n’avait jamais assisté aux Honors durant son premier mandat, a désormais remodelé l’événement en profondeur après avoir remplacé la direction du Kennedy Center et placé ses alliés à la tête du conseil d’administration. Sur scène, il a vanté la persévérance de Stallone, l’héritage spectaculaire de Kiss et l’impact culturel d’« I Will Survive », hymne de Gloria Gaynor. Il s’est aussi permis quelques traits acerbes en déclarant reconnaître, parmi les invités, des personnes qu’il aimait et d’autres qu’il « détestait ».
Pour Kiss, la soirée revêtait une dimension poignante en raison de la mort récente du guitariste Ace Frehley. Une guitare rouge fumante a été placée en hommage sur scène avant un final explosif signé Cheap Trick, reprenant « Rock and Roll All Nite ». Stallone a décrit cette reconnaissance comme « l’œil d’un ouragan », tandis que Crawford et Gaynor ont parlé d’un honneur aussi irréel que bouleversant.
Trump a revendiqué un rôle déterminant dans le choix des lauréats, expliquant avoir écarté des noms jugés trop « éveillés ». Le choix final serait issu d’une liste d’une cinquantaine de propositions. Cette année encore, la sélection rassemble des figures emblématiques de la culture populaire américaine, du cinéma d’action aux comédies musicales en passant par le rock maquillé et le disco.
La politisation progressive du Kennedy Center se poursuit alors que Trump plaisante régulièrement sur l’idée de le rebaptiser en son nom. Il a obtenu plus de 250 millions de dollars du Congrès pour d’importantes rénovations et a affirmé que la diffusion télévisée de cette édition pourrait être la plus regardée de l’histoire de la cérémonie. Entre repositionnement culturel et manœuvres d’influence, cette édition 2025 illustre plus que jamais la manière dont Trump entend redéfinir les symboles artistiques nationaux.