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En pleine tempête diplomatique entre Paris et Alger, Abdelmadjid Tebboune a tenté, samedi soir, de jouer l’apaisement… à sa manière. Dans une interview diffusée à la télévision algérienne, le président algérien a désigné Emmanuel Macron comme son « unique point de repère » en France, balayant d’un revers de main toute autre voix politique française. Une déclaration qui sonne creux, tant les gestes hostiles du régime algérien se sont multipliés ces derniers mois.

Car dans les faits, Alger souffle le chaud et le froid. Soutien au Polisario, rappel de l’ambassadeur après la prise de position française sur le Sahara occidental, refus systématique de reprendre ses ressortissants sous OQTF… L’Algérie alimente sciemment la crise bilatérale. Pire : l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal, détenu et malade, pour des propos tenus sur un média français, illustre une dérive autoritaire assumée. Le pouvoir algérien préfère criminaliser les voix critiques plutôt que de les entendre.

Tebboune accuse une « cabale de l’extrême droite française » pour justifier ses décisions, mais c’est bien son gouvernement qui refuse de reprendre des délinquants expulsés, même après des attentats comme celui de Mulhouse. Et c’est encore lui qui accepte difficilement les critiques françaises sur l’état de ses libertés fondamentales. À l’extérieur, le régime veut donner des gages à Paris, mais à l’intérieur, il muselle ses opposants et instrumentalise la diplomatie pour flatter un nationalisme usé.

La vérité est que le régime algérien cherche à faire diversion. La crise sociale et économique s’enlise, les libertés régressent, et les élections approchent. Dans ce contexte, se poser en victime d’une France fantasmée hostile est une recette classique. Mais à trop jouer avec les nerfs de Paris, Alger risque de perdre ce qu’il lui reste d’interlocuteurs sérieux.

À Macron désormais de ne plus se laisser berner. Car si Tebboune prétend vouloir le dialogue, il serait temps que les actes rejoignent les paroles. La France ne peut éternellement tendre la main à un régime qui préfère l’agitation à la coopération.

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