Soudan du Sud : l’ONU met en garde contre une aggravation dramatique des violations des droits humains
Soudan du Sud : l’ONU met en garde contre une aggravation dramatique des violations des droits humains

GENÈVE, 23 mai 2025 — Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a lancé un appel pressant vendredi aux belligérants du Soudan du Sud, les exhortant à « se retirer du gouffre » alors que les combats dans plusieurs régions du pays menacent de faire sombrer davantage le fragile processus de paix.

« L’escalade des hostilités au Soudan du Sud laisse présager un risque réel d’aggraver encore la situation déjà désastreuse des droits de l’homme et de la situation humanitaire, et de compromettre le fragile processus de paix du pays », a déclaré Volker Turk dans un communiqué depuis Genève. Il a appelé « toutes les parties » à faire preuve d’un sursaut de responsabilité pour éviter une détérioration incontrôlable.

Les affrontements entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud (SSPDF) et les troupes de l’Armée populaire de libération du Soudan en opposition (SPLA-IO) se sont intensifiés depuis le 3 mai, notamment dans les régions de Fangak, dans l’État de Jonglei, et dans le comté de Tonga, dans le Haut-Nil. Selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), ces attaques ont été marquées par des bombardements aériens aveugles ainsi que des offensives terrestres et fluviales contre des zones habitées par des civils.

Le bilan humain est déjà lourd. L’ONU recense au moins 75 civils tués et 78 blessés en l’espace de deux semaines. Des milliers de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile, exacerbant une crise humanitaire déjà alarmante. Le HCDH rapporte également que des infrastructures civiles, notamment un centre de soins géré par l’ONG Médecins sans frontières (MSF), ont été délibérément visées.

Ces événements s’inscrivent dans un contexte de tensions croissantes à l’approche d’échéances électorales et dans un climat d’instabilité persistante, alors que le pays peine à sortir d’une guerre civile qui a éclaté peu après son indépendance en 2011. Malgré un accord de paix signé en 2018, les violences interethniques et les rivalités entre factions continuent d’entraver les efforts de réconciliation nationale.

L’appel de Volker Turk intervient alors que la communauté internationale redouble d’efforts pour éviter que le Soudan du Sud ne replonge dans un conflit généralisé. Le Haut-Commissaire a insisté sur l’urgence d’une désescalade immédiate, soulignant la responsabilité de toutes les parties à protéger les populations civiles et à respecter le droit international humanitaire.

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