Pierre Moscovici fait son retour dans le débat politique français. L’ancien ministre socialiste de l’Économie et des Finances a annoncé jeudi 22 octobre sa démission de la Cour des comptes européenne, qu’il avait rejointe le 1er janvier 2026 pour un mandat de six ans. Dans un entretien accordé au Point, il explique vouloir retrouver davantage de liberté pour intervenir sur les grandes questions économiques et institutionnelles à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Une décision qui intervient moins d’un an après son arrivée à Luxembourg.
L’ancien commissaire européen invoque deux raisons principales pour justifier son départ. La première est personnelle : il évoque les difficultés liées à l’éloignement de sa famille et aux obligations de sa fonction au Luxembourg. La seconde est politique et intellectuelle : Pierre Moscovici souhaite pouvoir participer plus librement aux débats sur l’avenir économique de la France, l’endettement public et la construction européenne. Il estime que son expérience au gouvernement, à la Commission européenne et dans les institutions de contrôle financier peut contribuer aux discussions qui s’ouvrent avant la présidentielle.
Moscovici alerte sur la dette française
L’ancien ministre exprime notamment ses inquiétudes concernant l’évolution des finances publiques. Selon lui, la charge annuelle de la dette française pourrait dépasser 100 milliards d’euros en 2027, une perspective qui limiterait fortement les marges de manœuvre des prochains gouvernements. Il considère que le redressement des comptes publics devra constituer l’un des sujets centraux de la campagne présidentielle.
Son départ intervient alors que les députés examinent un budget 2027 particulièrement contesté, marqué par des désaccords sur les dépenses sociales, la fiscalité et la réduction du déficit. Pierre Moscovici entend défendre une approche fondée sur la responsabilité budgétaire et l’engagement européen, sans avoir annoncé de soutien officiel à un candidat particulier.
Un retour politique, mais pas de candidature annoncée
Cette décision suscite naturellement des interrogations sur son rôle futur au sein de la gauche sociale-démocrate, quelques jours après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire du 11 octobre. Pierre Moscovici possède une longue expérience politique, ayant notamment exercé les fonctions de ministre de l’Économie sous François Hollande et de commissaire européen aux Affaires économiques.

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