Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz a fait de l’unité européenne et du renforcement de la défense commune les piliers de sa première visite officielle à l’étranger, en rencontrant mercredi à Paris le président français Emmanuel Macron. Ensemble, les deux dirigeants ont affiché une volonté ferme de faire front uni face à la guerre commerciale menée par le président américain Donald Trump, aux menaces russes en Ukraine, et aux tensions croissantes dans plusieurs régions du globe.
Lors d’une conférence de presse conjointe, Merz a reconnu que l’Europe avait encore besoin du soutien militaire et politique des États-Unis pour espérer mettre fin à la guerre en Ukraine. « Il est de notre conviction que nous ne pouvons pas mettre un terme à cette guerre sans un engagement accru des États-Unis. Les Européens ne peuvent, à ce stade, s’y substituer », a déclaré le chancelier. Les deux pays ont toutefois annoncé leur intention d’accélérer leur coopération militaire, notamment sur les chars, les missiles longue portée et les avions de combat, et de mettre en place un Conseil franco-allemand de la défense.
Le déplacement de Merz, intervenu au lendemain de son élection au Bundestag après un premier vote manqué — une première dans l’Allemagne d’après-guerre — marque une rupture avec la retenue diplomatique de son prédécesseur. Le chancelier a également annoncé son intention de se rendre prochainement à Kyiv, réaffirmant son soutien à l’Ukraine.
Sur la scène internationale, Merz et Macron ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’escalade entre l’Inde et le Pakistan, appelant à la désescalade immédiate entre ces deux puissances nucléaires après des frappes indiennes ayant fait au moins 26 morts dans une zone sous contrôle pakistanais. Les deux dirigeants ont également exhorté Israël à laisser passer l’aide humanitaire vers Gaza, alors que la guerre contre le Hamas entre dans son 20e mois. Merz a jugé qu’il était de la « responsabilité » d’Israël d’être « plus responsable », tandis que Macron a dénoncé les « doubles standards », soulignant qu’on ne pouvait défendre la souveraineté de l’Ukraine tout en ignorant la situation des civils palestiniens.
La visite de Merz à Paris coïncide avec le 80e anniversaire de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie, une date hautement symbolique dans les relations franco-allemandes. Macron a salué « une nouvelle page » dans le partenariat entre les deux nations, et Merz a qualifié cette amitié de « cadeau de réconciliation et de pardon », insistant sur son importance pour l’identité européenne.
Avant de regagner Berlin, le chancelier devait se rendre à Varsovie pour poursuivre cette tournée de consolidation des liens européens, dans un contexte où les pressions extérieures obligent l’Union européenne à reconsidérer son autonomie stratégique.