Les tensions entre Moscou et Londres atteignent un nouveau sommet avec l’expulsion de deux diplomates britanniques par la Russie, accusés d’activités d’espionnage. Le Service fédéral de sécurité russe (FSB) affirme avoir identifié ces diplomates comme impliqués dans des opérations de subversion menaçant la sécurité nationale. Il s’agit du deuxième secrétaire de l’ambassade britannique à Moscou et de l’époux de la première secrétaire, qui ont désormais deux semaines pour quitter le territoire russe. Cette décision s’inscrit dans un contexte de confrontation diplomatique exacerbée entre les deux pays, marqué par une série d’expulsions croisées ces dernières années.
Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué un représentant de l’ambassade britannique pour lui signifier une protestation formelle et notifier la révocation de l’accréditation de certains membres de la mission diplomatique. Selon Moscou, ces diplomates auraient fourni de fausses informations lors de leurs procédures de visa et feraient partie des services de renseignement britanniques. Londres a immédiatement réagi en dénonçant des accusations « malveillantes et infondées », rappelant qu’il ne s’agit pas de la première fois que la Russie tente d’intimider son personnel diplomatique.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans un cycle de représailles diplomatiques en cours depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. En février dernier, Londres avait révoqué l’accréditation d’un diplomate russe en réponse à l’expulsion d’un membre de son personnel par Moscou en novembre. En septembre 2024, la Russie avait déjà expulsé six diplomates britanniques pour espionnage présumé, tandis qu’en novembre, des sanctions avaient été imposées à plusieurs ministres du gouvernement britannique, désormais interdits d’entrée en Russie.
Londres reste l’un des principaux soutiens militaires de l’Ukraine, fournissant notamment des missiles Storm Shadow, utilisés pour frapper des objectifs russes, une ligne rouge pour Moscou. Ce soutien actif explique en partie l’intensification des mesures de rétorsion diplomatique de la part du Kremlin, qui cherche à fragiliser l’engagement occidental auprès de Kiev. Ces expulsions témoignent d’une détérioration continue des relations bilatérales, laissant présager de nouvelles représailles dans les mois à venir.