La tension monte entre la France et l’Algérie après le refus officiel d’Alger de reprendre plusieurs de ses ressortissants que Paris souhaitait expulser. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a indiqué ce mardi que la réduction des visas de travail accordés aux ressortissants algériens pourrait faire partie des « ripostes graduées » envisagées par le gouvernement.
Sur RTL, la ministre a précisé que Paris pourrait d’abord réexaminer le traité de 2007 sur les facilités accordées aux détenteurs de passeports diplomatiques. Mais au-delà, c’est l’accord franco-algérien de 1968, qui octroie des avantages exceptionnels aux Algériens en matière de séjour et d’emploi en France, qui est désormais clairement remis en cause.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également appelé à des mesures fermes, évoquant le rappel de l’ambassadeur et la suspension des visites diplomatiques, en réaction à ce blocage d’Alger, aggravé par le contexte sécuritaire après l’attentat de Mulhouse.
Fin février, le Premier ministre François Bayrou avait déjà menacé de dénoncer cet accord de 1968 si l’Algérie persistait à refuser le rapatriement de ses ressortissants sous obligation de quitter le territoire français. Emmanuel Macron, lui, privilégie pour l’instant la voie d’une renégociation.