Brexit
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Cinq ans après la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Brexit montre des conséquences contrastées. Si certains espéraient une souveraineté retrouvée, le bilan économique et social s’avère plus nuancé.

Le commerce britannique a particulièrement souffert. Le déficit commercial des biens manufacturés est passé de 119 milliards d’euros avant le Brexit à 197 milliards en 2023. Les exportations de produits alimentaires ont chuté de 20 %, pénalisant de nombreuses entreprises. De plus, les contrôles douaniers intensifiés aux frontières ont découragé 20 000 entreprises britanniques d’exporter vers l’UE. Pour celles qui persistent, la paperasse supplémentaire coûte près de 400 millions d’euros par an.

Sur le front de l’immigration, les effets du Brexit sont paradoxaux. Si l’immigration illégale a diminué de 21 % en 2024, l’immigration légale a explosé, mais avec un changement de profil. Les Européens, désormais soumis à des restrictions de visa, sont moins nombreux à venir travailler au Royaume-Uni. À leur place, le pays accueille davantage d’Indiens, d’Ukrainiens et de Pakistanais pour combler la pénurie de main-d’œuvre.

Le mécontentement populaire est palpable. Aujourd’hui, 56 % des Britanniques estiment que le Brexit était une erreur, principalement à cause des pertes économiques. Chaque foyer verrait son pouvoir d’achat diminuer de 1 000 euros par an. Les nouveaux accords commerciaux avec des partenaires tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’ont pas compensé la baisse des échanges avec l’UE, soulignant les limites des promesses initiales.

Alors que le Premier ministre Keir Starmer cherche à « réinitialiser » les relations avec l’Europe, un retour dans l’UE semble encore lointain. Mais les réalités économiques pressent le Royaume-Uni à trouver des solutions pour atténuer les effets du Brexit et relancer sa compétitivité sur la scène internationale.

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