Vengeance tardive : l’Inde élimine l’un des meurtriers du journaliste Daniel Pearl
Vengeance tardive : l’Inde élimine l’un des meurtriers du journaliste Daniel Pearl

Vingt-trois ans après l’enlèvement et la décapitation du journaliste juif américain Daniel Pearl, l’Inde a annoncé avoir éliminé Abdul Rauf Azhar, figure clef du réseau djihadiste pakistanais responsable de l’assassinat. Cette frappe ciblée, baptisée « Opération Sindhoor », a été menée contre des infrastructures terroristes sur le sol pakistanais, dans un contexte de tensions ravivées après une attaque sanglante contre des pèlerins hindous au Cachemire le mois dernier.

Un nom au cœur des grands attentats islamistes

Membre influent du groupe islamiste Jaish-e-Mohammed et proche d’Al-Qaïda, Abdul Rauf Azhar figurait sur les listes noires indienne et américaine pour son rôle dans plusieurs attentats, dont l’attaque du Parlement indien en 2001, le détournement du vol IC-814 en 1999 et l’assaut de la base de Pathankot en 2016. Le BJP, parti au pouvoir à New Delhi, a salué une « victoire contre le terrorisme islamiste transfrontalier », accusant le Pakistan de longue date de protéger ces groupes.

C’est à Karachi, en janvier 2002, que Daniel Pearl avait été enlevé alors qu’il enquêtait sur les réseaux djihadistes après le 11 septembre. Sa détention s’était conclue par une exécution filmée, dans laquelle il déclarait avec calme : « Je suis juif », avant d’être décapité. L’atrocité de cette mise en scène avait provoqué une onde de choc mondiale.

Le Pakistan a vivement réagi, niant la mort d’Azhar et accusant l’Inde d’avoir mené une frappe contre des zones civiles. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a dénoncé une « violation flagrante du droit international » et menacé de représailles.

Si la véracité des détails reste contestée de part et d’autre de la frontière indo-pakistanaise, la portée symbolique de cette élimination, vingt-trois ans après le crime, est immense. Elle signe, pour l’Inde, la fin d’un cycle d’impunité et, pour les États-Unis, une justice tardive rendue à l’un de leurs journalistes tombé pour avoir cherché la vérité.

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