Le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, a fermement rejeté lundi les accusations de l’Inde selon lesquelles la Chine aurait fourni un soutien actif au Pakistan lors de l’épisode de tensions militaires survenu en mai dernier. S’exprimant depuis Islamabad, Munir a qualifié ces allégations d’« infondées » et de « tentatives délibérées de détourner l’attention de la réalité du terrain ».
La réaction du général Munir fait suite à des déclarations du lieutenant-général Rahul Singh, chef adjoint de l’armée indienne, qui affirmait la semaine dernière que la Chine avait transmis au Pakistan des « informations en direct » sur des positions stratégiques indiennes lors du bref affrontement frontalier de mai. New Delhi a présenté cette supposée coordination comme une preuve de l’intensification des liens militaires sino-pakistanais dans une région déjà sous haute tension.
En réponse, Munir a insisté sur le fait que l’armée pakistanaise avait agi « de manière indépendante et en toute souveraineté » lors de ces événements, ajoutant que son pays « ne tolérera aucune tentative de ternir ses relations avec ses partenaires internationaux à des fins de propagande ». Il a également affirmé que le Pakistan restait attaché à la stabilité régionale et au dialogue pacifique, tout en se réservant le droit de défendre ses intérêts en cas de provocation.
La Chine, de son côté, n’a pas officiellement commenté les accusations indiennes, mais Pékin a toujours nié tout rôle direct dans les différends frontaliers entre l’Inde et le Pakistan. Pékin et Islamabad entretiennent cependant des relations étroites de longue date, notamment sur les plans économique et militaire, ce qui alimente régulièrement la méfiance de New Delhi.
Le conflit de mai a ravivé les inquiétudes sur la fragilité de la frontière indo-pakistanaise, théâtre récurrent d’échanges de tirs et d’accusations croisées. Bien que l’escalade ait été rapidement contenue, elle a laissé planer le spectre d’un affrontement plus large, dans un contexte régional marqué par la compétition stratégique entre grandes puissances.
Les analystes estiment que ces nouvelles tensions pourraient compromettre les efforts diplomatiques en cours, notamment ceux menés par des médiateurs internationaux pour apaiser les relations entre les deux puissances nucléaires. Alors que chacun campe sur ses positions, le climat reste tendu et propice à de nouveaux épisodes de confrontation.