Taïwan a présenté vendredi pour la première fois ses systèmes de roquettes HIMARS lors de son exercice militaire annuel Han Kuang, dans une démonstration de force hautement symbolique à l’heure où les tensions avec la Chine ne cessent de s’intensifier. Déployés à Taichung, au centre de l’île, ces lance-roquettes américains à haute mobilité constituent l’un des équipements les plus sophistiqués du dispositif de défense taïwanais.
Le système HIMARS, largement utilisé par l’Ukraine contre les forces russes, est capable de tirer des missiles guidés avec une portée d’environ 300 kilomètres. Cela permettrait potentiellement de cibler des installations portuaires sur la côte chinoise en cas de conflit. L’armée taïwanaise considère cet équipement comme crucial pour sa stratégie de dissuasion face à une éventuelle invasion de la Chine, qui considère Taïwan comme une province rebelle destinée à revenir sous son contrôle.
Selon les responsables militaires taïwanais, le déploiement de ces systèmes de frappe longue portée nécessitera des stratégies de camouflage élaborées pour garantir leur survie en situation de guerre. « L’élément clé n’est pas tant leur puissance de feu que la manière dont nous les dissimulons et les manœuvrons sur le terrain », a déclaré un officier taïwanais lors de l’exercice.
La Chine, qui n’a jamais exclu l’usage de la force pour prendre le contrôle de l’île, considère tout renforcement des capacités militaires taïwanaises — notamment avec le soutien américain — comme une provocation. Pékin a dénoncé à plusieurs reprises les ventes d’armes américaines à Taïwan comme une ingérence dans ses affaires intérieures.
Taïwan, de son côté, affirme que ces exercices annuels, qui se déroulent dans tout le pays, visent à tester la capacité de l’armée à répondre à une attaque à grande échelle. Cette année, l’accent est mis sur la coordination entre les forces terrestres, aériennes et navales, ainsi que sur la protection des infrastructures stratégiques.
Le déploiement des HIMARS, très médiatisé, s’inscrit dans un contexte régional de plus en plus tendu, alors que les manœuvres militaires chinoises autour de l’île se multiplient. Pour Taïwan, ces démonstrations visent à envoyer un message clair : l’île est prête à se défendre, avec l’appui de ses alliés occidentaux.