Sommet UE-Amérique latine - les débats éclipsés par l’opération militaire américaine dans les Caraïbes (AP)
Sommet UE-Amérique latine - les débats éclipsés par l’opération militaire américaine dans les Caraïbes (AP)

Les représentants de l’Union européenne, d’Amérique latine et des Caraïbes ont entamé dimanche en Colombie un sommet de deux jours visant à renforcer la coopération entre les régions. Mais la rencontre est dominée par les vives tensions autour de l’opération militaire américaine qui cible des navires soupçonnés de transporter de la drogue dans les eaux du Pacifique Est et de la mer des Caraïbes.

Les autorités colombiennes espèrent parvenir à une déclaration commune sur les énergies renouvelables, la sécurité alimentaire, le financement du développement et la coopération technologique à l’issue du sommet de Santa Marta. Cependant, le président colombien Gustavo Petro, farouche critique des frappes américaines, a averti que les morts causées par ces opérations risquaient de reléguer les autres thèmes au second plan.

Depuis septembre, les attaques menées par les forces américaines ont fait plus de 60 morts, selon Washington, sur des embarcations suspectées de transporter de la drogue. Petro a dénoncé des « exécutions extrajudiciaires » et affirmé qu’au moins une victime était colombienne. Un survivant identifié serait lui aussi originaire du pays.

« Que faisons-nous dans ce monde d’aujourd’hui, au milieu des missiles ? », a lancé le président colombien dans son discours inaugural, évoquant également la guerre à Gaza. « J’aimerais que ce sommet soit un phare de lumière au milieu de la barbarie », a-t-il ajouté.

La pertinence du sommet a néanmoins été mise en doute en raison de l’absence de plusieurs dirigeants européens de premier plan, dont la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le chancelier allemand Friedrich Merz. Bogota a justifié ces absences par un conflit d’agenda avec la conférence sur le climat de l’ONU, la COP30, également en cours.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva figurent parmi les rares chefs d’État présents. Plusieurs intervenants ont mis en avant les progrès réalisés dans le commerce, la connectivité numérique et la transition écologique. « Nous choisissons le dialogue, pas la division ; la coopération, pas la confrontation », a déclaré le président du Conseil européen, António Costa, sans évoquer les frappes américaines.

La présence de Lula a surpris, alors même que le Brésil accueille la COP30. Son ministre des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a expliqué que cette décision reflétait un geste de solidarité régionale avec le Venezuela, pays directement concerné par les menaces américaines.

L’ambassadrice brésilienne Gisela Padovan a confirmé que les frappes américaines et les tensions autour du Venezuela seraient abordées lors du sommet. Lula a par ailleurs affirmé avoir exhorté Donald Trump, lors de leur rencontre en Malaisie, à éviter toute escalade militaire et à s’inspirer de l’attitude de George W. Bush, qui avait œuvré à une médiation après la tentative de coup d’État de 2002 contre Hugo Chávez.

« J’ai dit à Trump que l’Amérique latine est une région de paix », a déclaré Lula.

Selon Alexander Main, du think tank Center for Economic and Policy Research, ce sommet, dernier grand rendez-vous multilatéral de l’année dans la région, pourrait offrir un rare espace de discussion franche sur la présence militaire américaine dans les Caraïbes. « C’est clairement une priorité pour plusieurs dirigeants régionaux », a-t-il souligné.

Que retenir rapidement ?

Les représentants de l’Union européenne, d’Amérique latine et des Caraïbes ont entamé dimanche en Colombie un sommet de deux jours visant à renforcer la co

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