Mali - l’armée mène des frappes aériennes après l’annonce d’un blocus des importations de carburant par des groupes armés @wikipedia commons
Mali - l’armée mène des frappes aériennes après l’annonce d’un blocus des importations de carburant par des groupes armés @wikipedia commons

L’armée malienne a annoncé lundi avoir mené des frappes aériennes dans la région aurifère de Kayes, à l’ouest du pays, après que des combattants liés à Al-Qaïda ont déclaré vouloir imposer un blocus sur les importations de carburant à destination de Bamako. Cette opération s’inscrit dans un contexte de forte pression exercée par les groupes djihadistes sur les autorités militaires au pouvoir depuis les coups d’État de 2020 et 2021.

Selon un porte-parole de l’armée, les frappes ont visé des positions de combattants du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), une coalition affiliée à Al-Qaïda active dans la région du Sahel. L’opération aurait également permis la libération d’otages, sans que leur nombre ni leur identité ne soient précisés.

Le JNIM avait annoncé jeudi dernier le lancement d’un blocus, prévoyant d’empêcher le transport de carburant vers Bamako et de restreindre les déplacements des habitants des villes de Kayes et Nioro, situées près des frontières sénégalaise et mauritanienne. Depuis cette déclaration, des habitants ont confirmé que des camions-citernes avaient été interceptés et vidés par les insurgés.

« Le JNIM intensifie sa pression dans cette région pour affaiblir le gouvernement de Bamako, mais aussi pour asphyxier la capitale », a expliqué Djenabou Cissé, chercheuse à la Fondation pour la recherche stratégique.

Ces événements illustrent la stratégie des groupes djihadistes, qui cherchent à encercler les grandes villes du Sahel afin d’accentuer leur contrôle territorial. Malgré les opérations militaires, la menace reste élevée, notamment dans l’ouest du Mali, jusqu’ici moins touché que le centre et le nord du pays.

La situation met en évidence les difficultés persistantes du régime militaire malien à endiguer la progression des groupes armés, alors que la population continue de subir les effets combinés des violences, des pénuries et de l’instabilité politique.

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