L’Iran reste officiellement engagé en faveur du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a déclaré jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, dans un message publié sur le réseau social X. Cette déclaration intervient au lendemain d’un geste controversé : l’adoption d’une loi par Téhéran suspendant sa coopération directe avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’organisme chargé de surveiller les programmes nucléaires dans le monde.
« Notre coopération avec l’AIEA sera désormais gérée par le Conseil suprême de sécurité nationale, pour des raisons évidentes de sécurité et de sûreté », a précisé Araqchi. Une formulation qui laisse entendre que les échanges avec l’agence onusienne se poursuivront, mais dans un cadre beaucoup plus contrôlé et restreint par les autorités iraniennes.
Cette décision de l’Iran survient dans un climat de tensions croissantes entre Téhéran et les puissances occidentales, notamment autour des activités nucléaires de la République islamique. Ces derniers mois, plusieurs rapports de l’AIEA ont pointé un manque de transparence de la part de l’Iran, notamment en ce qui concerne l’enrichissement de l’uranium à des niveaux proches de ceux requis pour une arme nucléaire.
En réaffirmant son attachement au TNP et à l’accord de garanties, l’Iran tente de rassurer la communauté internationale sur ses intentions pacifiques, tout en réaffirmant sa souveraineté sur la gestion de son programme nucléaire. Toutefois, cette posture ambivalente ne manquera pas d’alimenter les inquiétudes, d’autant que la suspension de la coopération avec l’AIEA intervient alors que les discussions diplomatiques sur le dossier nucléaire stagnent depuis plusieurs mois.
Plusieurs capitales occidentales ont déjà exprimé leur préoccupation face à cette décision iranienne. Des diplomates à Vienne, où siège l’AIEA, redoutent un recul durable de la surveillance internationale sur les installations nucléaires iraniennes, ce qui compliquerait toute tentative de reprise des négociations sur un nouvel accord, après l’échec du JCPOA (l’accord de Vienne de 2015) à être relancé.
La situation pourrait également raviver les tensions régionales, notamment avec Israël et les États du Golfe, qui ont toujours vu le programme nucléaire iranien comme une menace potentielle. Pour l’heure, Téhéran maintient que ses activités nucléaires sont exclusivement civiles et que son respect du TNP est « inébranlable ». Reste à voir si les prochains gestes du régime viendront confirmer — ou contredire — ces engagements affichés.