L’Inde accuse le Pakistan d’une série d’attaques à la frontière : escalade dangereuse entre puissances nucléaires
L’Inde accuse le Pakistan d’une série d’attaques à la frontière : escalade dangereuse entre puissances nucléaires

L’armée indienne a accusé vendredi le Pakistan d’avoir mené une série d’attaques coordonnées le long de sa frontière occidentale, impliquant des drones et des tirs d’artillerie, dans une montée brutale des tensions entre les deux puissances nucléaires rivales. Selon New Delhi, ces assauts, menés entre jeudi soir et vendredi matin, constituent les hostilités transfrontalières les plus graves depuis le conflit de Kargil en 1999.

D’après les autorités militaires indiennes, les forces pakistanaises auraient procédé à « de multiples violations du cessez-le-feu » dans la région du Cachemire indien, utilisant notamment des drones armés et des lance-roquettes. L’Inde affirme avoir repoussé ces attaques et infligé une « réponse appropriée » aux tentatives d’incursion. Une tentative d’infiltration majeure aurait par ailleurs été déjouée dans le secteur de Samba jeudi soir, a indiqué la Force de sécurité des frontières indienne.

Le Pakistan, de son côté, a fermement rejeté ces accusations. Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a qualifié la déclaration indienne de « sans fondement et trompeuse », niant toute offensive dans le Cachemire indien ou au-delà de la frontière. Islamabad avait déjà nié son implication dans les récentes frappes présumées sur les villes de Pathankot, Srinagar et Jaisalmer, dénonçant des allégations « motivées politiquement ».

Les tensions se sont brutalement intensifiées après que l’Inde a frappé, mercredi, plusieurs cibles au Pakistan qu’elle a qualifiées de « camps terroristes », en représailles à une attaque sanglante ayant visé des touristes hindous au Cachemire le mois dernier. Depuis, les deux camps ont échangé des frappes, des missiles et des drones, causant près de 40 morts en quelques jours.

Vendredi matin, la ville indienne d’Amritsar, proche de la frontière, a été secouée par des sirènes d’alerte qui ont retenti pendant plus de deux heures. Les autorités ont appelé la population à se confiner, tandis que les hôtels enregistraient une vague de départs de touristes, effrayés par les bruits d’explosions et les coupures de courant. « Nos familles sont inquiètes pour nous. Nous avons décidé de partir immédiatement », a déclaré un touriste britannique sous couvert d’anonymat.

Dans d’autres zones frontalières comme Bhuj, au Gujarat, des évacuations ont été préparées. Des écoles ont été fermées dans le Rajasthan, et des habitants près de la frontière ont été invités à rejoindre des logements d’urgence. Dans la ville de Jammu, où des explosions ont été entendues, une étudiante a décrit des « détonations puissantes » ayant fait trembler les fenêtres en pleine nuit.

La communauté internationale a rapidement réagi. Des capitales allant de Washington à Pékin ont appelé à une désescalade immédiate. Le vice-président américain JD Vance a déclaré que les États-Unis « souhaitaient une désescalade au plus vite », tout en soulignant qu’ils n’avaient pas de contrôle direct sur les décisions de ces États souverains.

Ce regain de tension survient dans un contexte historique lourd : depuis leur partition en 1947, l’Inde et le Pakistan ont mené trois guerres, dont deux centrées sur le Cachemire. Cette région à majorité musulmane, revendiquée par les deux pays, reste le principal foyer de discorde entre New Delhi et Islamabad. La spirale actuelle de violence suscite de vives inquiétudes quant à un possible glissement vers un conflit de plus grande ampleur, dans une région où le spectre nucléaire plane en permanence.

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