L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a révélé avoir découvert des traces d’uranium en Syrie, sur le site de Deir al-Zor, détruit par un raid israélien en 2007. Dans un rapport transmis lundi à ses États membres, l’agence onusienne estime que ce complexe était « probablement » un réacteur nucléaire non déclaré, construit dans le plus grand secret par le régime de Bachar al-Assad.
Depuis des années, l’AIEA tente de tirer des conclusions définitives sur la nature de cette installation, soupçonnée d’avoir été développée à l’abri des regards en violation des obligations de Damas. Selon le rapport, les échantillons recueillis contiennent bien des particules d’uranium, renforçant l’hypothèse que le site abritait une activité nucléaire clandestine.
En septembre 2007, l’aviation israélienne avait bombardé et détruit ce bâtiment situé dans l’est de la Syrie, affirmant qu’il s’agissait d’un réacteur en cours de construction avec l’aide de la Corée du Nord. À l’époque, Damas avait nié ces accusations, affirmant qu’il s’agissait d’un site militaire non nucléaire.
Ces nouvelles révélations interviennent alors que la guerre civile syrienne et la chute du régime Assad ont relégué le dossier au second plan, sans jamais l’enterrer complètement. L’AIEA souligne que si l’installation était bien un réacteur, elle aurait dû être déclarée en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire, dont la Syrie est signataire.
La découverte de ces traces d’uranium relance donc les interrogations sur l’ampleur des ambitions nucléaires syriennes au début des années 2000 et met en lumière la difficulté persistante de la communauté internationale à vérifier et encadrer les programmes sensibles dans des zones de conflit.