Les autorités ukrainiennes ont accusé samedi la Russie d’avoir délibérément expulsé des citoyens ukrainiens vers la Géorgie, les laissant bloqués sans documents officiels à des centaines de kilomètres de leur pays d’origine. Selon le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, Moscou intensifie ces expulsions via sa frontière sud, évitant sciemment les points de passage directs avec l’Ukraine.
D’après Kiev, nombre de ces expulsés sont d’anciens prisonniers ukrainiens, relâchés de centres de détention russes, puis immédiatement transférés vers la frontière géorgienne. Une fois sur place, ils se retrouvent dans un vide juridique et administratif, sans papiers valides ni assistance, incapables de poursuivre leur route vers l’Ukraine. Le chef de la diplomatie ukrainienne qualifie cette pratique de « manipulation politique des personnes », dénonçant un usage cynique de la vulnérabilité de ces individus.
Cette stratégie, estime Kiev, complique délibérément le retour de ces ressortissants chez eux et cherche à créer de nouvelles pressions humanitaires aux frontières. « C’est une tentative d’exploiter les êtres humains comme un outil géopolitique, tout en les exposant à une situation dangereuse et indigne », a déclaré Andrii Sybiha. Il appelle la communauté internationale à condamner ces pratiques et à soutenir les efforts pour rapatrier les citoyens concernés.
Les autorités géorgiennes n’ont pas encore commenté officiellement la situation, mais des témoignages commencent à émerger sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux, faisant état de petits groupes de personnes abandonnées à la frontière sans ressources. La confusion administrative et le manque de coordination entre les différents États rendent le sort de ces Ukrainiens encore plus incertain.
Kiev affirme que ces expulsions ne sont pas des cas isolés, mais bien le signe d’une politique organisée et en expansion. Elle demande à la Russie de respecter les règles internationales en matière de traitement des étrangers, notamment le droit au retour pour les ressortissants ukrainiens.
Alors que la guerre entre les deux pays entre dans sa troisième année, ces incidents rappellent la complexité et la brutalité des dynamiques migratoires engendrées par le conflit. Pour les personnes concernées, il ne s’agit pas seulement d’un déplacement forcé, mais d’un nouvel exil, souvent sans destination claire ni perspective de retour.