Israël autorise 22 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée tandis que les frappes sur Gaza tuent 13 personnes
Israël autorise 22 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée tandis que les frappes sur Gaza tuent 13 personnes

JÉRUSALEM — Israël a annoncé jeudi la création de 22 nouvelles colonies juives en Cisjordanie occupée, dont la régularisation d’avant-postes construits sans autorisation officielle. Dans le même temps, des frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont fait au moins 13 morts dans la nuit, selon les autorités sanitaires locales.

Cette décision marque une nouvelle étape dans l’expansion des colonies israéliennes sur un territoire que les Palestiniens revendiquent, aux côtés de Jérusalem-Est et de Gaza, pour y établir un futur État indépendant. La majorité de la communauté internationale considère ces colonies comme illégales en vertu du droit international et comme un obstacle majeur à la paix.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a justifié la mesure en affirmant qu’elle « renforce notre emprise sur la Judée-Samarie » — nom biblique utilisé pour désigner la Cisjordanie — et constitue « une réponse écrasante au terrorisme palestinien ». Il a également déclaré que cette stratégie visait à empêcher la création d’un État palestinien, perçu selon lui comme une menace pour la sécurité d’Israël.

Plus de 500 000 colons israéliens vivent déjà dans plus de 100 colonies réparties à travers la Cisjordanie, souvent dans des zones proches de villes palestiniennes. Ces colonies varient de simples avant-postes rudimentaires à de véritables villes dotées d’infrastructures modernes. Les Palestiniens, au nombre d’environ 3 millions dans la région, vivent quant à eux sous administration militaire israélienne, avec une autorité palestinienne partiellement responsable des centres urbains.

Cette politique de colonisation s’est intensifiée ces dernières années, bien avant le début de la guerre à Gaza déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Pour les Palestiniens, cette expansion continue réduit de plus en plus les chances de voir émerger un État viable, morcelé par les implantations et les zones militaires israéliennes.

La Cour internationale de Justice a statué l’an dernier que la présence israélienne dans les territoires palestiniens est illégale et a appelé à un arrêt immédiat de la construction de colonies. Israël a rejeté cet avis, le qualifiant de partial et réaffirmant son droit historique à ces terres.

En parallèle, certains membres du gouvernement israélien plaident pour la reconstruction de colonies à Gaza — abandonnées lors du désengagement de 2005 — et envisagent une relocalisation de la population palestinienne vers d’autres pays sous couvert d’émigration « volontaire », un projet vivement dénoncé comme une tentative d’expulsion forcée.

Selon le professeur Yaakov Garb, spécialiste des dynamiques territoriales israélo-palestiniennes, Israël contrôlerait aujourd’hui plus de 70 % de Gaza, y compris d’importantes zones vidées de leurs habitants, comme la ville de Rafah.

Les dernières frappes israéliennes sur Gaza ont tué 13 personnes dans la nuit de mercredi à jeudi. Quatre ont péri dans une attaque contre un véhicule à Gaza-ville, huit autres — dont deux femmes et trois enfants — ont été tuées dans une maison à Jabaliya, et une frappe sur un camp de réfugiés dans le centre de la bande a causé un mort et 18 blessés.

L’armée israélienne n’a pas immédiatement commenté ces incidents. Elle affirme cibler uniquement les combattants du Hamas, tout en accusant le groupe de se cacher délibérément parmi la population civile.

Depuis le début du conflit, plus de 54 000 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé de Gaza, dont une majorité de femmes et d’enfants. Le bilan israélien de l’attaque du 7 octobre s’élève à environ 1 200 morts, essentiellement des civils, et 251 personnes enlevées. Le Hamas détiendrait encore 58 otages, dont environ un tiers seraient vivants.

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