L’Organisation des Nations Unies a tiré la sonnette d’alarme mardi sur la situation en Haïti, où son plan de réponse humanitaire pour 2025 affiche le taux de financement le plus faible de tous les appels mondiaux. Alors que les gangs armés continuent de contrôler des axes stratégiques, paralysant le transport et aggravant la faim, les contributions internationales restent dramatiquement insuffisantes.
Selon la coordinatrice humanitaire de l’ONU pour Haïti, Ulrika Richardson, le plan, qui vise à collecter plus de 900 millions de dollars, n’est financé qu’à hauteur de 9,2 %. « C’est le niveau de financement le plus bas pour tout plan de réponse au monde », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse, soulignant l’urgence d’une mobilisation rapide des États membres.
Haïti traverse une crise multidimensionnelle, marquée par une violence extrême des gangs, l’effondrement de l’économie, l’insécurité alimentaire et la faiblesse des institutions politiques. Les couloirs humanitaires sont régulièrement bloqués par les affrontements, compliquant l’acheminement de l’aide vers les populations les plus vulnérables.
L’appel de l’ONU, destiné à financer des opérations vitales telles que la distribution de nourriture, les soins médicaux d’urgence et la protection des civils, reste largement ignoré alors que d’autres crises internationales monopolisent l’attention et les budgets des donateurs. Pour les humanitaires sur place, chaque jour de retard dans le financement accroît le risque de famine et de chaos généralisé dans le pays.