Gaza : 59 morts sous les tirs de chars israéliens lors d'une distribution d’aide humanitaire, selon des médecins
Gaza : 59 morts sous les tirs de chars israéliens lors d'une distribution d’aide humanitaire, selon des médecins

Des chars israéliens ont ouvert le feu mardi sur une foule de Palestiniens rassemblés autour d’un convoi humanitaire à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, faisant au moins 59 morts et 221 blessés selon les services médicaux locaux. Il s’agit de l’un des épisodes les plus meurtriers dans une série d’incidents similaires ayant coûté la vie à des centaines de civils au cours des dernières semaines dans ce territoire ravagé par la guerre.

L’armée israélienne a confirmé avoir tiré dans la zone et a indiqué qu’une enquête était en cours. « Un rassemblement a été identifié près d’un camion d’aide coincé à Khan Younis, à proximité de nos troupes », a déclaré Tsahal, affirmant regretter « tout préjudice causé aux personnes non impliquées ». Des témoins, eux, accusent les chars d’avoir délibérément visé la foule après avoir laissé les civils s’approcher des camions. « Tout le monde s’est réuni, puis les obus ont commencé à tomber », a raconté un survivant soigné à l’hôpital Nasser.

Les hôpitaux débordés ont reçu les blessés à bord de charrettes, de voitures civiles et de pousse-pousse, illustrant l’effondrement du système médical dans l’enclave assiégée. Cet incident est survenu alors que les tentatives d’obtenir de la nourriture deviennent de plus en plus périlleuses. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 397 Palestiniens ont été tués et plus de 3 000 blessés depuis fin mai alors qu’ils tentaient d’accéder à l’aide.

La distribution humanitaire est aujourd’hui principalement assurée par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), un groupe soutenu par les États-Unis et Israël, qui opère dans des zones sous contrôle militaire israélien. L’ONU a dénoncé ce système comme dangereux et partial, affirmant qu’il contrevient aux principes fondamentaux de l’aide humanitaire. Israël défend ce dispositif comme un moyen de priver le Hamas de ressources, ce que le mouvement islamiste dément.

La guerre, déclenchée en octobre 2023 par une attaque du Hamas ayant tué 1 200 personnes et entraîné la capture de 251 otages côté israélien, a causé près de 55 000 morts palestiniens selon les autorités locales. La population de Gaza, totalement déplacée et en proie à la famine, suit désormais avec attention l’escalade du conflit entre Israël et l’Iran, allié de longue date du Hamas. Certaines vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des Gazaouis exprimant leur satisfaction en voyant des images de destructions causées par des frappes iraniennes en Israël.

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