Le Programme alimentaire mondial (PAM) a tiré la sonnette d’alarme lundi, appelant à une intensification urgente et soutenue de l’aide humanitaire à Gaza, où la famine s’aggrave de jour en jour. Selon les agences des Nations unies, les efforts récents d’Israël pour assouplir les restrictions ne suffisent pas à enrayer la détérioration rapide de la situation.
Face à l’indignation internationale provoquée par des images poignantes d’enfants souffrant de malnutrition, Israël a procédé ce week-end à des largages aériens d’aide et a mis en place des pauses humanitaires quotidiennes dans trois secteurs de l’enclave, ainsi que de nouveaux couloirs sécurisés pour faciliter l’acheminement de l’aide. Mais sur le terrain, les ONG et les habitants dénoncent l’insuffisance des livraisons.
Le ministère de la Santé de Gaza a rapporté lundi que 14 personnes, dont plusieurs enfants, sont mortes au cours des dernières 24 heures en raison de la faim et de la malnutrition. Cela porte à 147 le nombre total de décès liés à la famine depuis le début du conflit, dont 89 enfants, la majorité ces dernières semaines.
Selon Samer AbdelJaber, directeur régional du PAM, « soixante camions par jour, ce n’est vraiment pas suffisant ». L’objectif affiché de l’agence est de faire entrer au moins 100 camions quotidiennement dans la bande de Gaza afin de répondre aux besoins alimentaires urgents de la population.
Alors que les habitants de Gaza s’entassent autour des rares distributions de nourriture, certains expriment leur amertume. « L’aide vient aux forts », a confié l’un d’eux à Reuters, suggérant que les plus vulnérables sont souvent écartés dans la ruée vers les maigres provisions.
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a déclaré qu’il n’y avait pas de famine à Gaza, une affirmation contredite par les rapports des organisations humanitaires internationales. Ces dernières continuent de réclamer un accès sûr, constant et sans entrave pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grave.