Coupure de courant à la centrale de Zaporijia : Kiev accuse Moscou, l’AIEA alerte sur des risques extrêmes
Coupure de courant à la centrale de Zaporijia : Kiev accuse Moscou, l’AIEA alerte sur des risques extrêmes

La centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, a subi vendredi une coupure totale de ses lignes électriques externes pendant plus de trois heures, avant que l’alimentation ne soit finalement rétablie. Occupée par la Russie depuis le début du conflit, l’installation reste l’un des points les plus sensibles de la guerre en Ukraine. Kiev accuse Moscou d’être à l’origine de cette coupure, la qualifiant d’attaque délibérée contre la sécurité nucléaire.

L’incident a été confirmé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a indiqué que la centrale était passée en mode de secours, fonctionnant brièvement avec des générateurs diesel pour éviter une surchauffe du combustible nucléaire toujours présent dans les réacteurs, bien que ceux-ci soient actuellement à l’arrêt. « La sécurité nucléaire en Ukraine demeure extrêmement précaire », a déclaré le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, sur le réseau X.

Selon le ministre ukrainien de l’Énergie, les bombardements russes ont directement endommagé la dernière ligne électrique encore en service connectant la centrale au réseau national. De leur côté, les services de distribution ukrainiens ont précisé que leurs équipes techniques avaient réussi à rétablir la ligne principale, bien que la situation reste fragile.

La centrale de Zaporijia, située près de la ligne de front dans la région de Dnipropetrovsk, demeure une source d’inquiétude majeure pour la communauté internationale. Bien que ses six réacteurs soient désactivés, le site nécessite en permanence une alimentation électrique fiable pour refroidir le combustible et éviter un accident aux conséquences potentiellement catastrophiques. L’AIEA a déjà signalé à plusieurs reprises des incidents similaires, soulignant l’énorme danger que représente une perte de courant prolongée.

La direction de la centrale, installée par les autorités russes, a publié un message sur Telegram affirmant que la ligne à haute tension avait été rétablie. Moscou n’a pas officiellement réagi aux accusations de Kiev, qui dénonce une stratégie délibérée de mise en danger des installations nucléaires ukrainiennes.

Cette nouvelle coupure illustre à quel point la centrale de Zaporijia reste vulnérable, malgré les appels répétés à la démilitarisation du site. L’AIEA poursuit sa présence sur place, mais ses capacités d’intervention sont limitées par les conditions de guerre. Les experts redoutent qu’une nouvelle coupure de longue durée, dans un contexte de frappes répétées, ne provoque une catastrophe radioactive aux conséquences incalculables.

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