Le 26 juin 1945, à San Francisco, les représentants de 50 pays signent la Charte des Nations Unies, marquant officiellement la naissance de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Cet événement survient dans un contexte encore marqué par les horreurs de la Seconde Guerre mondiale : l’Allemagne vient de capituler et la guerre contre le Japon se poursuit. Les signataires espèrent ainsi poser les bases d’un nouvel ordre mondial, capable d’éviter les conflits armés majeurs et de garantir la paix, après l’échec de la Société des Nations, née au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Une réponse aux tragédies du XXe siècle
Dès 1941, l’idée d’une organisation internationale chargée de maintenir la paix est évoquée par les Alliés, notamment dans la Charte de l’Atlantique rédigée par Churchill et Roosevelt. Le nom de « Nations Unies » est utilisé pour la première fois en 1942, dans un document qui engageait 26 pays à lutter ensemble contre les puissances de l’Axe. Trois ans plus tard, les bases de la nouvelle organisation sont posées à la conférence de San Francisco, sur les recommandations faites à Dumbarton Oaks par les grandes puissances de l’époque (États-Unis, Royaume-Uni, URSS, Chine).
La Charte, adoptée le 26 juin et entrée en vigueur le 24 octobre 1945 après sa ratification par la majorité des pays signataires, repose sur des principes fondamentaux : l’égalité souveraine des États, l’interdiction du recours à la force dans les relations internationales, le respect des droits humains, et la volonté de résoudre pacifiquement les différends. Pour la première fois, une organisation mondiale dispose d’outils concrets pour tenter de faire respecter ces principes.
Une structure inédite, des ambitions mondiales
L’ONU est dotée de trois organes principaux : l’Assemblée générale, qui rassemble aujourd’hui 193 États membres, chacun disposant d’un droit de vote égal ; le Secrétariat général, qui coordonne l’action de l’organisation ; et surtout, le Conseil de sécurité, dont les cinq membres permanents (États-Unis, Royaume-Uni, URSS/Russie, Chine, France) possèdent un droit de veto. Ce dernier point fait l’objet de vives critiques dès l’origine, accusé d’instituer une hiérarchie entre nations, contraire au principe d’égalité affirmé dans la Charte.
Pour pallier les limites de la diplomatie, l’ONU se dote aussi d’une capacité d’action sur le terrain : la mise en place des Casques bleus, une force militaire d’interposition, marque une innovation majeure par rapport à la défunte SDN. En parallèle, la création de la Cour internationale de Justice vise à fournir un cadre légal aux conflits internationaux, bien que son autorité reste soumise au bon vouloir des États.
Plus de 75 ans après sa fondation, l’ONU continue de jouer un rôle central dans la régulation des relations internationales, bien que ses mécanismes soient souvent contestés, notamment face à l’immobilisme du Conseil de sécurité. Comme le disait son secrétaire général Dag Hammarskjöld : « L’ONU n’a pas créé le paradis, mais elle a évité l’enfer. »