Après le cessez-le-feu, les réfugiés cambodgiens espèrent rentrer chez eux mais restent sur leurs gardes
Après le cessez-le-feu, les réfugiés cambodgiens espèrent rentrer chez eux mais restent sur leurs gardes

SAMRAONG, Cambodge — Au lendemain de l’annonce d’un cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande, des milliers de réfugiés cambodgiens massés à la frontière nord-ouest du pays attendaient mardi, entre espoir et prudence, l’autorisation de rentrer chez eux après cinq jours d’intenses combats.

Le cessez-le-feu, entré en vigueur lundi soir, met fin au plus violent épisode militaire entre les deux voisins depuis plus de dix ans. Les affrontements ont éclaté le 24 juillet autour de la frontière disputée entre les provinces d’Oddar Meanchey (Cambodge) et de Sisaket (Thaïlande), provoquant des déplacements massifs de population. À Samraong, capitale provinciale cambodgienne proche de la ligne de front, la majorité des 70 000 habitants ont fui, laissant la ville vidée de toute activité, ses rues silencieuses et ses commerces fermés.

Parmi les déplacés, Meun Saray, 45 ans, garde l’espoir de retrouver rapidement sa maison. Abritée sous une bâche dans un champ boueux avec son enfant en bas âge, elle confie : « S’ils disent que mon village est sûr et que je peux y retourner, alors je rentrerai chez moi et retrouverai ma famille, car ici, la vie n’est pas aussi facile que chez moi. » Comme elle, beaucoup restent prudents, craignant que les tensions ne reprennent malgré les promesses de paix.

Les dirigeants des deux pays ont annoncé l’accord de cessez-le-feu depuis la Malaisie, où des négociations d’urgence ont eu lieu. Plus de 300 000 personnes ont été déplacées et au moins 40 ont été tuées dans les combats. Des aides humanitaires sont progressivement acheminées vers les camps de réfugiés improvisés, alors que les autorités s’efforcent de stabiliser la situation.

La reprise du calme demeure fragile. Si les gouvernements thaïlandais et cambodgien ont affirmé leur volonté de poursuivre les discussions diplomatiques, les habitants de la région frontalière restent méfiants, conscients que les cicatrices du conflit mettront du temps à se refermer.

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