Le Ghana serre la vis aux planteurs pour sauver la filière cacao (ap)
Le Ghana serre la vis aux planteurs pour sauver la filière cacao (ap)

Le Ghana, deuxième fournisseur mondial de cacao, a annoncé une réduction drastique du prix garanti aux producteurs afin d’enrayer la crise qui fragilise son secteur phare. Le tarif versé aux planteurs tombe à un peu plus de 41 000 cedis la tonne, contre 58 000 cedis fixés il y a quatre mois à peine. Une décision justifiée par l’effondrement des cours internationaux et les graves tensions de trésorerie qui affectent l’organisme public chargé de la commercialisation.

À Accra, le ministre des Finances a expliqué que cette baisse visait à aligner le marché intérieur sur la réalité des prix mondiaux, désormais autour de 4 100 dollars la tonne, après avoir culminé à plus de 12 000 dollars fin 2024. Entre récoltes insuffisantes et contrats non honorés, l’Office ghanéen du cacao accumule les pertes et peine à régler les producteurs, alors que la campagne 2023-2024 s’est soldée par un déficit massif de production.

Réformes structurelles et promesse de meilleure gouvernance

Le gouvernement assure toutefois vouloir protéger les exploitants, qui représentent le cœur d’un secteur pesant environ 10 % du PIB national. Un projet de loi doit garantir aux planteurs au moins 70 % du prix brut à l’exportation, tandis que les arriérés de paiement doivent être rapidement apurés. Accra prévoit également de restructurer la dette du Cocobod et de recourir à des obligations locales adossées aux recettes futures.

À plus long terme, les autorités ambitionnent de transformer localement la moitié des fèves dès 2026-2027 afin d’accroître la valeur ajoutée et réduire la dépendance aux marchés bruts. Reste que pour près d’un million de Ghanéens vivant directement du cacao, cette baisse immédiate du prix à la production constitue un choc supplémentaire dans un contexte déjà marqué par l’incertitude.

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