Le printemps fiscal est de retour, et avec lui le casse-tête des réductions et crédits d’impôt. Mais si vous avez déboursé un peu d’argent en 2024 pour garder vos enfants, entretenir votre jardin ou installer une borne de recharge pour votre voiture électrique, sachez-le : l’administration vous doit peut-être un petit quelque chose. Contrairement aux déductions, les réductions et crédits d’impôt viennent rogner directement le montant de ce que vous devez au fisc. À une nuance près : si votre réduction d’impôt dépasse le montant à payer, tant pis pour vous. L’excédent est perdu. Avec un crédit d’impôt en revanche, le fisc sort le chéquier.
Le grand marché des plafonds, bonus et cases à cocher
Dans le détail, un crédit d’impôt peut représenter la moitié des dépenses engagées (salaires + charges ou facture à l’entreprise) dans la limite de 12.000 euros. Ce plafond grimpe à 15.000 euros avec enfants, personnes âgées ou dépendantes à charge. Si c’est votre première fois (ou un changement de situation : mariage, divorce, veuvage…), vous pouvez même bénéficier de 3.000 euros supplémentaires, à condition d’avoir embauché en direct. Les heureux détenteurs de la case 7 DQ sont concernés. Mais attention : tout ne passe pas. Il existe des mini-plafonds selon la nature des services. Par exemple, 5.000 euros pour le jardinage, 500 euros pour le bricolage, 3.000 euros pour l’assistance informatique. Et si vous bénéficiez d’aides type CAF ou Cesu préfinancé, vous devez les déduire de vos dépenses déclarées. En plus, cette année, vous devrez indiquer qui a reçu les prestations. Et si vous êtes dans l’incapacité de prouver vos dires sous 30 jours, vous pouvez dire adieu au remboursement.
Études, dons, investissements : les bons gestes à ne pas oublier
Pour les parents d’enfants scolarisés, une réduction d’impôt forfaitaire s’applique : 61 euros pour un collégien, 153 pour un lycéen, 183 pour un étudiant dans le supérieur. Mais ne comptez pas sur le fisc pour y penser à votre place : vous devez déclarer les effectifs dans les cases 7 EA à 7 EG. Du côté des dons, c’est toujours la règle des 75 % pour les associations caritatives, dans la limite de 1.000 euros. Ce plafond grimpe à 2.000 euros pour les dons en faveur des victimes du cyclone Chido à Mayotte. Quant à la Fondation du patrimoine, elle vous octroie le même taux de réduction, dans la limite d’un autre plafond. Au-delà, c’est 60 % de réduction, dans la limite de 20 % de votre revenu global, avec report possible pendant cinq ans. Les amateurs de niches fiscales ne seront pas en reste : investir dans une PME ou une entreprise sociale peut vous rapporter entre 18 et 50 % de réduction d’impôt selon le type d’entreprise et la date du versement. Les jeunes entreprises innovantes de rupture (qui consacrent au moins 30 % de leur budget à la R&D) vous rapportent le plus : 50 % de réduction sur les montants investis. Enfin, pour les propriétaires de véhicules électriques, l’installation d’une borne de recharge « pilotable » chez soi donne droit à un crédit d’impôt plafonné à 500 euros par système, à condition que l’appareil permette de moduler la puissance ou de programmer la recharge. Une dépense qui, pour une fois, est bonne pour la planète et pour votre portefeuille. Bref, avant de déclarer vos revenus, sortez vos factures, vos reçus, vos justificatifs… et une bonne dose de patience. Parce que chaque case cochée peut valoir cher.