Suspension confirmée pour la soignante sanctionnée après le port d’un calot hors bloc opératoire à Paris
Suspension confirmée pour la soignante sanctionnée après le port d’un calot hors bloc opératoire à Paris

Le tribunal administratif de Paris a maintenu, en référé, la sanction de huit mois de suspension infligée à une infirmière de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, qui refusait d’enlever son calot en dehors de toute intervention chirurgicale. La juridiction estime, à ce stade, que la mesure disciplinaire n’apparaît pas disproportionnée, compte tenu des rappels répétés à l’ordre, d’un blâme antérieur et du non-respect persistant des règles d’hygiène et de sécurité.

Le calot, généralement réservé au bloc opératoire ou à certains services comme la réanimation, était porté par la soignante de manière continue, selon l’AP-HP. Licenciée en novembre, elle avait obtenu en urgence la suspension de cette sanction et sa réintégration, le tribunal ayant alors jugé le licenciement excessif. Cette fois, les juges ont considéré qu’une exclusion temporaire de huit mois pouvait être justifiée, tout en rappelant que cette décision reste provisoire, dans l’attente du jugement au fond.

Une affaire devenue politique et syndicale

L’infirmière affirme ne pas porter ce calot pour des raisons religieuses et explique que cela relève de sa vie privée. Elle bénéficie du soutien de syndicats, notamment SUD-Santé et la CGT, qui dénoncent une multiplication de situations similaires dans les hôpitaux et évoquent une forme de stigmatisation visant des personnels perçus comme musulmans.

Des responsables politiques se sont également emparés du dossier. La députée Sandrine Rousseau a dénoncé un climat de suspicion, tandis que l’avocat de la soignante a critiqué la sévérité d’une sanction qu’il juge comparable, dans la pratique, à celles infligées dans des affaires de violences ou de fautes graves.

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