La justice du canton du Valais en Suisse a décidé ce vendredi de mettre fin à la détention provisoire de Jacques Moretti, co‑propriétaire du bar Le Constellation à Crans‑Montana, établissement dans lequel un incendie a causé la mort de 40 personnes et blessé 116 autres dans la nuit du Nouvel An. Cette décision arrive deux semaines après son placement en détention à la prison de Sion, le 9 janvier dernier, sur instruction du Ministère public valaisan en raison du risque de fuite potentiel.
Des « mesures de subsitution »
La juridiction compétente a ordonné qu’il puisse quitter la prison dans les prochaines heures, mais sous des conditions strictes, notamment des “mesures de substitution” conçues pour garantir sa présence jusqu’à la fin de l’enquête judiciaire. Ces mesures incluent des contraintes destinées à réduire toute tentation d’évasion, telles qu’une éventuelle caution, une obligation de résidence ou d’autres restrictions de liberté surveillée.
Par ailleurs, Jacques Moretti a payé une caution de 215.000 euros.
Depuis le début de l’enquête pénale ouverte après l’incendie du bar, l’affaire a suscité une attention internationale. Les autorités valaisannes ont inculpé Jacques et Jessica Moretti, le couple de propriétaires français du Constellation, pour des chefs d’accusation incluant homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence, des accusations qui peuvent entraîner des peines allant jusqu’à quatre ans et demi de prison si elles sont cumulées.
Jacques Moretti était censé rester trois mois minimum en prison
La détention provisoire de Jacques Moretti avait initialement été ordonnée pour une durée de trois mois afin de neutraliser le risque de fuite et d’assurer le bon déroulement de l’instruction judiciaire. C’est ce qu’avait décidé un tribunal du Valais début janvier, à la suite de la demande du procureur général, Beatrice Pilloud, qui avait souligné l’importance de ces mesures pour le bon déroulement de l’enquête.
L’enquête sur l’incendie, qui a profondément marqué la Suisse et plusieurs pays européens, continue d’examiner les circonstances exactes du sinistre. Les investigations se concentrent notamment sur l’utilisation de bougies pyrotechniques, appelées “fontaines”, lors d’une animation au bar, qui auraient enflammé la mousse acoustique du plafond, provoquant une propagation extrêmement rapide du feu dans les locaux. Des images de surveillance et des auditions de témoins sont analysées, et les autorités cherchent à établir si des défaillances dans les normes de sécurité et les contrôles annuels ont contribué à la tragédie.