Quatre policiers ont été condamnés mardi à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire, après la mort d’Allan Lambin, 19 ans, décédé en garde à vue au commissariat de Saint-Malo en février 2019. Le tribunal judiciaire de Rennes les a également condamnés à verser solidairement 40 000 euros au père de la victime au titre du préjudice moral.
Dans la nuit du 9 au 10 février 2019, le jeune homme avait été interpellé avec son père après un incident routier sans gravité à Dinard. Placé en cellule après avoir été déclaré apte par un médecin, il est mort d’asphyxie avec hémorragie sans que les policiers chargés de sa surveillance ne s’en aperçoivent. Le parquet avait évoqué un « défaut de surveillance » ayant fait perdre toute chance de survie à la victime.
Un défaut de surveillance retenu
À l’audience, l’un des prévenus a reconnu une « surveillance vidéo aléatoire » au lieu des passages physiques recommandés toutes les quinze minutes. Le chef de poste a évoqué une soirée « active et agitée » et une surcharge de travail, expliquant ne pas avoir identifié plus tôt l’état critique du jeune homme, resté inconscient pendant près de deux heures.
Le ministère public avait requis six mois de prison avec sursis, estimant que les faits relevaient d’un manquement par imprudence et non de violences volontaires. L’avocat de l’un des policiers a jugé la peine « sévère », soulignant l’absence, selon lui, de comportement inapproprié ou de violence policière dans ce dossier.