Dans le cadre de l’enquête ouverte après l’incendie meurtrier du bar Le Constellation à Crans‑Montana, un agent de sécurité grièvement blessé lors de la tragédie a été entendu cette semaine par le Ministère public à Sion. L’homme, embauché comme videur pour la soirée du Nouvel‑An, a livré un témoignage approfondi qui met en cause la copropriétaire de l’établissement, Jessica Moretti, rapportent plusieurs médias suisses et internationaux.
Des consignes polémiques sur les issues de secours
Le 1er janvier, un incendie suivi d’une explosion a ravagé le bar Le Constellation, faisant 41 morts et 115 blessés selon le bilan officiel des autorités valaisannes. Lors de son audition, l’agent de sécurité a déclaré avoir entendu Jessica Moretti donner des instructions précises aux employés pour garder fermées les portes de sécurité du bar afin d’empêcher les clients de partir sans payer. Il a affirmé au Ministère public que «les portes devaient rester fermées » et que « elle avait peur que les clients partent sans payer ».
Des issues verrouillées, les victimes piégées
Le témoin a précisé que les issues de secours du sous‑sol et la porte de service du rez‑de‑chaussée étaient verrouillées par des systèmes difficiles à ouvrir, ce qui aurait contribué à piéger plusieurs victimes lors de l’embrasement rapide du bar. Cette version contredit les déclarations de la défense des époux Moretti, qui affirmaient que ces portes n’avaient pas été fermées volontairement.
Des témoignages concordants de survivants
L’agent de sécurité de 28 ans, d’abord hospitalisé pour de graves brûlures, a été entendu pendant plusieurs heures par les enquêteurs. Son témoignage s’ajoute à d’autres récits de clients et de survivants, notamment d’Italiens blessés, qui affirment que les issues de secours étaient verrouillées et que la situation s’est rapidement détériorée sans consignes claires pour évacuer.
Une instruction judiciaire pour négligence et homicide
Le couple de propriétaires, dont Jessica Moretti, a versé chacun une caution de 200 000 francs suisses (environ 215 000 euros) pour bénéficier de mesures de contrainte de liberté dans le cadre de l’instruction, qui porte notamment sur des infractions d’« homicide par négligence », de « lésions corporelles par négligence » et d’« incendie par négligence ».