- Muriel Robin témoigne avec force sur les blessures de son enfance et son combat contre l’alcoolisme
- Muriel Robin témoigne avec force sur les blessures de son enfance et son combat contre l’alcoolisme

L’humoriste et comédienne a évoqué pour la première fois publiquement le viol qu’elle a subi à l’âge de 10 ans. Un traumatisme ancien, resté enfoui, qu’elle relie aujourd’hui à sa longue dépendance à l’alcool.

Une parole libérée, bouleversante et essentielle. Invitée sur le plateau de BFMTV ce mercredi 14 mai, Muriel Robin est revenue sur les racines profondes de ses trente années d’addiction à l’alcool. L’occasion pour elle de livrer, avec pudeur mais sans détour, un témoignage rare sur les violences sexuelles dont elle a été victime dans son enfance — une souffrance longtemps tenue sous silence.

« Il y a quelques semaines, j’ai réalisé que j’avais vécu un traumatisme à 10 ans. Je crois que j’ai eu un viol », confie-t-elle, visiblement émue. Elle décrit un souvenir douloureux qui a mis des décennies à émerger : « J’en ai 70 aujourd’hui… Il m’a fallu soixante ans pour voir les images. Je respectais ce déni. » Ce premier traumatisme, suivi d’autres épisodes — comme une agression dans un ascenseur ou des attouchements par un prêtre — a, selon elle, constitué un « terrain de vulnérabilité » ayant facilité son basculement dans l’alcool.

L’alcool comme échappatoire

La veille, dans le documentaire L’alcool au féminin : elles brisent le tabou diffusé sur France 5, Muriel Robin avait déjà évoqué sa dépendance, expliquant comment l’alcool est devenu une manière d’anesthésier ses douleurs. « L’alcool, c’était parfait pour moi. Il me rendait moins mal. Il permettait de ne penser à rien », dit-elle. Pendant trente ans, elle confie avoir consommé près d’un litre de champagne par jour, jusqu’à ce que sa compagne, l’actrice Anne Le Nen, l’aide à amorcer une guérison durable.

« Si je suis honnête, je ne me suis détachée du réflexe émotion = alcool que depuis un an », révèle-t-elle à BFMTV. Un aveu sincère qui souligne la profondeur de ce combat intime et la difficulté de s’en libérer, même après des années d’abstinence.

Une prise de parole pour briser le silence

Muriel Robin n’ignore pas le poids de sa notoriété, ni la force que peut avoir sa voix dans l’espace public. C’est aussi pour cela qu’elle choisit aujourd’hui de parler, en pensant aux autres femmes, aux victimes silencieuses : « J’ai une parole que les gens écoutent, je les connais, ils me connaissent. Alors je veux leur dire : ‘moi aussi, j’y suis passée’.’»

Elle espère que cette prise de parole contribuera à lever les tabous, en particulier autour de la consommation d’alcool chez les femmes, qui tend à augmenter, selon les données de Santé publique France. En 2021, près de 28 % des femmes de plus de 35 ans déclaraient consommer de l’alcool quotidiennement, contre un peu plus de 22 % quatre ans plus tôt.

Un engagement continu contre les violences sexuelles

Muriel Robin avait déjà participé en avril dernier au clip Je t’accuse de la chanteuse Suzane, dans lequel elle apparaissait aux côtés d’autres femmes victimes ou engagées contre les violences sexistes et sexuelles, comme Catherine Ringer ou Charlotte Arnould. Là encore, elle choisissait le silence des regards caméra, en noir et blanc, pour faire entendre ce qui ne peut parfois être dit que dans la sobriété des images.

Avec ce témoignage fort, la comédienne transforme ses blessures en message de soutien. Et rappelle que la honte n’est pas à porter par les victimes. « Ce n’est pas rien de dire : j’ai été violée à 10 ans. Mais aujourd’hui, ça me semble essentiel », conclut-elle, en appelant à une société plus à l’écoute, et plus prête à voir ce qui longtemps reste enfoui.

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