Un volontaire des Gardiens de la révolution iraniens a été tué dans l’ouest du pays lors de manifestations liées à la crise économique, ont annoncé les autorités jeudi. Il s’agirait de la première mort au sein des forces de sécurité depuis le début de ce nouveau cycle de protestations, qui, après un reflux à Téhéran, s’étend désormais à plusieurs provinces.
Selon les médias d’État, le jeune homme de 21 ans appartenait à la force paramilitaire Bassidj, rattachée aux Gardiens de la révolution. Les circonstances exactes de sa mort n’ont pas été précisées, mais des responsables locaux de la province du Lorestan ont directement mis en cause des manifestants, évoquant des « émeutiers » ayant attaqué les forces de l’ordre lors de rassemblements dans la ville de Kouhdasht.
Les autorités locales affirment que treize autres membres des Bassidj et de la police ont été blessés. Tout en reconnaissant que les protestations trouvent leur origine dans l’inflation, la chute vertigineuse du rial et les difficultés de subsistance, un responsable provincial a appelé à distinguer les revendications sociales de ce qu’il a qualifié de tentatives de récupération par des « individus opportunistes ».
Entre ouverture politique et réponse sécuritaire
Le gouvernement civil du président réformateur Masoud Pezeshkian tente d’afficher une posture d’écoute, tout en reconnaissant ses marges de manœuvre limitées face à l’effondrement de la monnaie iranienne, désormais autour de 1,4 million de rials pour un dollar. Dans le même temps, la mort d’un membre des forces paramilitaires pourrait servir de justification à un durcissement sécuritaire.
La télévision d’État a par ailleurs annoncé l’arrestation de sept personnes, dont cinq présentées comme monarchistes et deux autres accusées de liens avec des groupes basés en Europe. Elle a aussi évoqué la saisie de cent pistolets introduits en contrebande, sans fournir de détails supplémentaires.
Ces manifestations constituent les plus importantes depuis celles de 2022, déclenchées par la mort de Mahsa Amini en détention policière. Elles restent toutefois moins intenses et moins généralisées que ce précédent mouvement, même si des slogans visant directement la théocratie iranienne ont été entendus.
Les autorités ont décrété plusieurs jours fériés cette semaine, officiellement pour cause de froid, une décision perçue comme une tentative de disperser la population et de réduire la mobilisation dans la capitale. Le contexte reste également marqué par les tensions régionales, après la guerre éclair de juin contre Israël et les frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens.
Téhéran affirme aujourd’hui ne plus enrichir d’uranium et se dit ouvert à d’éventuelles négociations avec l’Occident pour alléger les sanctions. Mais l’absence de discussions concrètes, conjuguée à la crise économique et à l’extension des protestations, alimente un climat d’incertitude sur l’évolution de la situation intérieure iranienne.