Les autorités iraniennes ont démenti les informations selon lesquelles Erfan Soltani, un jeune manifestant détenu depuis début janvier, aurait été condamné à la peine capitale ou pourrait être exécuté dans les jours qui viennent durant la répression en cours contre les manifestations antigouvernementales. Les déclarations publiées par des représentants de la justice de la République islamique précisent que les accusations retenues contre lui ne sont pas passibles de peine de mort en vertu de la législation nationale. Si un tribunal venait à prononcer une condamnation, Soltani encourrait une peine de prison, mais la peine capitale ne figure pas parmi les sanctions prévues pour ces chefs d’accusation, selon ces affirmations officielles.
Une mobilisation internationale
Pour rappel, Erfan Soltani, âgé de 26 ans et originaire de Fardis, près de Karaj à l’ouest de Téhéran, avait été arrêté dans les premiers jours des mobilisations nationales contre le pouvoir iranien, qui ont entraîné une vague d’arrestations comptant plusieurs milliers de personnes. Des organisations de défense des droits humains avaient relayé des informations selon lesquelles il aurait été condamné à mort au terme d’une procédure judiciaire expéditive, sans accès à une défense juridique appropriée, suscitant une forte inquiétude internationale.
Les ONG de défense des droits de l’homme, telles que Iran Human Rights ou Hengaw, avaient dénoncé cette peine comme une exécution extrajudiciaire potentielle et une réponse répressive du régime face aux manifestations. La famille de Soltani aurait été informée d’un projet d’exécution avant que les autorités n’indiquent que la condamnation à mort ne correspondait pas aux charges retenues contre lui.
Le pouvoir judiciaire iranien sous pression
Selon le communiqué relayé par les médias d’État, les accusations visant Soltani incluent des actes contre la sécurité intérieure et la « propagande contre le système », des infractions qui, si elles étaient confirmées par un jugement, ne justifieraient pas l’application de la peine de mort en Iran. Il serait actuellement détenu à la prison centrale de Karaj, en attendant la suite de sa procédure judiciaire.
Alors que plusieurs gouvernements et organisations internationales surveillent de près l’évolution de la situation des droits humains en Iran, notamment en raison de rapports faisant état de milliers d’arrestations et de décès liés à la répression des manifestations, ce « retournement » de veste du pouvoir iranien pourrait bien être dû à la forte mobilisation internationale pour sauver Erfan Soltani…