Retour au calme entre l’Inde et le Pakistan après des jours d’affrontements meurtriers
Retour au calme entre l’Inde et le Pakistan après des jours d’affrontements meurtriers

NEW DELHI — Pour la première fois en plusieurs jours, aucune fusillade n’a été signalée dans la nuit de dimanche à lundi le long de la frontière hautement militarisée entre l’Inde et le Pakistan, ont indiqué les autorités des deux pays, marquant une accalmie bienvenue après une flambée de violences qui menaçait la stabilité de toute la région.

Cette trêve fragile survient après un cessez-le-feu conclu samedi sous l’égide des États-Unis, dans le but de mettre fin à l’escalade militaire entre les deux puissances nucléaires. L’accord couvre tous les domaines d’affrontement : terrestre, aérien et maritime. « La nuit a été globalement paisible dans tout le Jammu-et-Cachemire ainsi que dans les autres zones frontalières », a déclaré l’armée indienne dans un communiqué.

Des responsables militaires de haut rang des deux pays doivent s’entretenir par téléphone ce lundi afin d’évaluer le maintien de la trêve, mise à mal dès ses premières heures par des accusations mutuelles de violations. Du côté pakistanais, des responsables locaux dans le Cachemire administré par Islamabad ont confirmé l’absence de tirs transfrontaliers et ont indiqué que les civils déplacés lors des récents combats commençaient à regagner leurs foyers.

Le porte-parole militaire pakistanais, le lieutenant-général Ahmad Sharif, a déclaré dimanche soir que son pays restait engagé en faveur du cessez-le-feu et qu’il ne serait pas le premier à en violer les termes. Dans la foulée de l’accord, le Pakistan a rouvert tous ses aéroports samedi, suivi ce lundi par l’Inde, qui a levé les restrictions sur 32 aéroports du nord et de l’ouest du pays.

Les tensions avaient brusquement monté mercredi dernier lorsque l’Inde a lancé des frappes à l’intérieur du Pakistan, visant ce qu’elle qualifie d’infrastructures de groupes militants responsables du massacre de 26 touristes hindous dans la ville touristique de Pahalgam, au Cachemire indien. Islamabad a nié toute implication, mais l’incident a provoqué une crise diplomatique d’une rare intensité : expulsions réciproques de diplomates, fermeture de l’espace aérien et des frontières terrestres, suspension d’un traité hydraulique crucial.

Les échanges de tirs, notamment de missiles et de drones, ont fait des dizaines de victimes civiles de part et d’autre. L’armée indienne a affirmé dimanche que ses frappes avaient éliminé plus de 100 militants, dont plusieurs figures importantes, et ciblé neuf installations liées au groupe Lashkar-e-Taiba. Elle a également déclaré que 35 à 40 soldats pakistanais avaient été tués dans les combats, tandis que cinq militaires indiens ont perdu la vie.

En réponse, le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a affirmé que les forces armées de son pays avaient tué entre 40 et 50 soldats indiens, abattu cinq avions de chasse ennemis et infligé des pertes significatives en attaquant 26 sites militaires en Inde. Ces affirmations n’ont pu être vérifiées de manière indépendante par l’Associated Press.

Lors d’une conférence de presse lundi, le maréchal de l’air AK Bharti, directeur général des opérations aériennes indiennes, a assuré que toutes les bases militaires et les systèmes de défense aérienne du pays restaient pleinement opérationnels, malgré quelques dégâts mineurs. Il a insisté sur le fait que la lutte de l’Inde visait les terroristes, et non l’armée pakistanaise ou les civils d’Islamabad.

Si la trêve tient, elle pourrait permettre un retour au dialogue entre deux voisins à l’histoire tumultueuse. Mais les tensions restent vives, et une simple étincelle pourrait de nouveau embraser la région du Cachemire, point de discorde depuis plus de 75 ans.

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