Le dernier ressortissant thaïlandais encore porté disparu à Gaza, Nattapong Pinta, a été confirmé mort, a annoncé samedi le ministère thaïlandais des Affaires étrangères. Âgé de 35 ans, il faisait partie des 31 travailleurs thaïlandais enlevés lors de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, événement qui a déclenché la guerre actuelle. Parmi eux, 46 Thaïlandais ont été tués au total depuis le début du conflit, selon les autorités. Les ressortissants thaïlandais ont constitué le groupe de ressortissants étrangers le plus important parmi les otages du Hamas.
Ce phénomène s’explique par la présence massive de travailleurs thaïlandais dans le secteur agricole israélien. À l’origine, Israël s’appuyait sur une main-d’œuvre palestinienne, mais le soulèvement connu sous le nom de première Intifada (1987-1993) a conduit les autorités à se tourner vers une alternative étrangère. Depuis, des dizaines de milliers de travailleurs thaïlandais, souvent originaires des régions pauvres du nord-est de la Thaïlande, sont venus en Israël pour des salaires bien supérieurs à ceux qu’ils peuvent espérer dans leur pays.
Un accord bilatéral signé il y a une dizaine d’années entre la Thaïlande et Israël a facilité leur venue dans les exploitations agricoles. Toutefois, les conditions de travail ont souvent été dénoncées. En 2015, un rapport de Human Rights Watch faisait état de logements précaires, de salaires inférieurs au minimum légal, d’horaires excessifs, de conditions dangereuses et d’une impossibilité de changer d’employeur. Des constatations récentes indiquent que de nombreux abus persistent.
Avant l’attaque d’octobre 2023, on comptait environ 30 000 travailleurs thaïlandais en Israël. Environ 7 000 sont rentrés en Thaïlande dans les semaines suivantes, principalement grâce à des vols d’évacuation organisés par le gouvernement. Pourtant, les salaires élevés continuent d’attirer de nouveaux candidats. Selon l’ambassadrice de Thaïlande en Israël, Pannabha Chandraramya, ils seraient aujourd’hui plus de 38 000.
Pour pallier le départ massif des travailleurs étrangers après l’attaque, le ministère israélien de l’Agriculture a lancé plusieurs incitations : prolongation des visas, primes mensuelles pouvant atteindre 500 dollars. En parallèle, le ministère thaïlandais du Travail a autorisé près de 4 000 ressortissants à partir en Israël en 2024, confirmant la place de ce pays parmi les principales destinations des travailleurs thaïlandais à l’étranger.
Ces travailleurs, souvent peu visibles dans les médias, se sont retrouvés malgré eux en première ligne d’un conflit armé qui les dépasse. Leur présence dans des zones rurales proches de Gaza les a exposés directement à la violence du Hamas, avec des conséquences tragiques.