Des milliers d’Iraniens vêtus de noir ont défilé samedi dans les rues de Téhéran pour rendre un dernier hommage aux hauts commandants militaires et scientifiques récemment tués dans une attaque attribuée à Israël. Ces funérailles solennelles ont rassemblé responsables politiques, cadres militaires et citoyens endeuillés, dans un climat de tension croissante entre les deux pays ennemis.
Les victimes, dont plusieurs figuraient parmi les plus hauts gradés du programme militaire iranien, ont été tuées cette semaine dans une frappe ciblée, que Téhéran impute à l’État hébreu. Si Israël n’a ni confirmé ni infirmé son implication, comme à son habitude dans ce type d’opérations, les autorités iraniennes ont promis des représailles « au moment et à l’endroit de leur choix ».
Les cercueils drapés du drapeau national ont été portés en procession dans les rues centrales de la capitale, sous les cris de « Mort à Israël » et « Vengeance ». Le président iranien, des membres influents du Corps des Gardiens de la Révolution islamique et plusieurs proches des défunts ont pris la parole, qualifiant ces morts de « martyrs » et appelant à l’unité nationale face à « l’agression sioniste ».
Parmi les victimes figureraient des experts liés aux programmes de défense balistique et nucléaire iraniens, une cible régulière d’attaques israéliennes présumées depuis des années. Cette nouvelle opération marque une intensification notable de la guerre de l’ombre que se livrent Israël et l’Iran, notamment sur le sol syrien mais aussi de plus en plus directement en territoire iranien.
La télévision d’État a diffusé en boucle les images des funérailles, entrecoupées de messages de condoléances et d’appels à la fermeté. Des veillées ont également eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays, témoignant d’un fort sentiment patriotique, mais aussi d’inquiétude quant aux risques d’escalade régionale.
Alors que les tensions restent vives au Moyen-Orient, cette attaque relance les spéculations sur un affrontement plus direct entre Téhéran et Tel-Aviv. Les chancelleries occidentales ont appelé à la retenue, redoutant un cycle de représailles susceptible de faire basculer la région dans une nouvelle phase de conflit ouvert.