Au cœur du désert, qui semble s’étendre à perte de vue dans la péninsule arabique, et où la vie semble n’avoir jamais existé, la terre cache un secret vieux de plusieurs milliers d’années. Ces régions n’étaient pas aussi désertiques que nous les voyons aujourd’hui, mais étaient des oasis verdoyantes pleines de vie, traversées par des rivières, parsemées de lacs scintillants, et où les prairies prospéraient le long de leurs rives, offrant des conditions de vie propices.
Cette scène, lointaine de notre mémoire contemporaine, n’était pas un produit de l’imaginaire, mais une réalité scientifique découverte par une équipe internationale de chercheurs après une étude minutieuse d’une région rare située au cœur du Rub’ al Khali, l’un des plus grands et des plus secs déserts du monde.
Là, au milieu de cette étendue aride, les chercheurs ont trouvé des traces rocheuses gravées par l’eau, témoignant d’une époque ancienne où le désert vivait des saisons verdoyantes, il y a environ 9 000 ans, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Communications Earth and Environment.
Un immense lac
D’après l’étude, les chercheurs ont découvert qu’entre 11 000 et 5 500 ans, le désert du Rub’ al Khali a connu une période climatique humide. Durant cette période, des pluies exceptionnellement abondantes ont frappé la région. Cela a donné lieu à la formation d’un lac au cœur du Rub’ al Khali, estimé comme étant gigantesque, avec une superficie de 1 100 mètres carrés et une profondeur de 42 mètres.
Selon l’étude, les pluies n’étaient pas faibles, mais parfois fortes et intenses, entraînant des changements rapides et à grande échelle dans le paysage. Les scientifiques pensent que ces pluies provenaient des vents monsooniaux africains, comme l’indiquent les sédiments suivis sur une distance de 1 100 kilomètres, s’étendant des montagnes d’Asir le long de la mer Rouge.
Avec la poursuite des précipitations, le lac a débordé, entraînant une grande inondation et la formation d’une vallée longue de 150 kilomètres à travers le désert, ce qui montre que la région ne contenait pas seulement de l’eau, mais a également connu une activité aquatique suffisante pour sculpter les reliefs.
La vie des anciens
Les preuves découvertes par les chercheurs suggèrent que ces périodes humides ont soutenu la croissance de plantes de prairie et de savane, tout en offrant des conditions idéales pour la faune, ainsi que pour les activités humaines telles que la chasse et l’élevage.
Selon un communiqué officiel de l’Université Griffith en Australie, cela se reflète dans les nombreuses preuves archéologiques trouvées dans le Rub’ al Khali et le long des anciennes rivières et lacs de la région.
Pendant cette période, les humains habitaient ces zones, pratiquaient la chasse, la cueillette et peut-être même l’élevage, ce qui a permis l’expansion des communautés humaines dans des endroits qui n’étaient auparavant pas habités.
Aux alentours de 6 000 ans, les pluies ont diminué de manière significative. En conséquence, les lacs se sont asséchés, les rivières ont disparu et la région est progressivement devenue le désert que nous connaissons aujourd’hui.
Avec ce changement climatique, les humains ont été contraints de quitter ces régions pour se diriger vers des endroits plus humides et propices à la vie, modifiant ainsi leur mode de vie pour s’adapter aux conditions arides. Ils sont passés d’une vie sédentaire à un mode de vie nomade et itinérant.
Cette découverte redéfinit la compréhension des scientifiques du climat historique de la péninsule arabique et met en lumière la capacité de l’homme ancien à s’adapter aux changements climatiques, ainsi que la manière dont les premières civilisations se sont développées dans des environnements extrêmes.