Les prix du pétrole ont grimpé en flèche vendredi, atteignant leur plus forte hausse journalière depuis deux ans, à la suite d’échanges de frappes aériennes entre Israël et l’Iran. Les investisseurs redoutent désormais un risque accru de perturbation des exportations pétrolières au Moyen-Orient, région cruciale pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Le baril de Brent, référence mondiale, a clôturé à 74,23 dollars, en hausse de 7,02 %, après avoir atteint en séance un pic de 78,50 dollars, soit une envolée de plus de 13 %. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a bondi de 7,62 % pour terminer à 72,98 dollars, avec un sommet intrajournalier de 77,62 dollars, enregistrant sa plus forte variation depuis janvier 2022.
Cette flambée intervient alors qu’Israël affirme avoir ciblé plusieurs infrastructures stratégiques iraniennes, notamment des installations nucléaires, des usines de missiles balistiques et des hauts gradés militaires. L’Iran a répliqué en lançant des missiles sur Tel-Aviv, déclenchant une vague d’explosions dans le sud d’Israël. Si les installations pétrolières iraniennes sont restées intactes selon les autorités locales, les marchés craignent une escalade majeure.
En toile de fond, le président américain Donald Trump a lancé un nouvel avertissement à Téhéran, l’exhortant à conclure un accord sur son programme nucléaire pour éviter « d’autres attaques déjà planifiées ». Malgré cette mise en garde, aucune perturbation immédiate des flux pétroliers n’a été constatée, notamment sur l’île de Kharg, responsable de 90 % des exportations iraniennes.
Mais la perspective d’un blocage du détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial, alimente l’inquiétude. Les analystes préviennent qu’un tel scénario, bien que peu probable en raison de ses conséquences pour l’Iran et ses principaux clients comme la Chine, pourrait provoquer un véritable choc pétrolier.
Parallèlement, les marchés boursiers ont reculé, tandis que les investisseurs se sont rués vers les valeurs refuges, telles que l’or, le dollar américain et le franc suisse. Cette volatilité reflète une nervosité croissante face à la détérioration rapide du contexte géopolitique au Moyen-Orient et à ses répercussions économiques mondiales.