Initialement prévu pour le 3 juillet, l’événement inaugural du Grand Musée Égyptien est reporté à la fin de l’année. Une décision dictée par le climat géopolitique incertain qui pèse sur la région.
Un projet titanesque à nouveau retardé
La cérémonie d’ouverture du Grand Musée Égyptien (GEM), qualifié par le président Abdel Fattah al-Sissi de « plus grand musée archéologique du monde consacré à une civilisation », n’aura pas lieu à la date annoncée. Prévue début juillet, elle est désormais renvoyée au dernier trimestre 2025, selon une annonce du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités le samedi 14 juin. Le gouvernement invoque « l’escalade des tensions régionales » comme principale raison de ce report.
Érigé à quelques pas des pyramides de Gizeh, ce musée de 500 000 m² abrite plus de 50 000 objets antiques, dont le trésor emblématique de Toutankhamon. Sa construction pharaonique, commencée il y a plus de vingt ans, a déjà subi de multiples retards causés par l’instabilité politique, la crise économique et la pandémie de Covid-19. Cette fois, c’est le contexte sécuritaire – marqué par des frappes israéliennes d’envergure contre l’Iran et les répercussions régionales qui s’en sont suivies – qui conduit le gouvernement à différer l’événement. « Pour qu’une telle célébration ait la portée mondiale qu’elle mérite, elle doit se tenir dans un climat approprié », a souligné le Premier ministre Moustafa Madbouly, cité par l’AFP.
Entre diplomatie suspendue et priorités énergétiques
Cette décision intervient alors que Le Caire tente de préserver son image de stabilité au cœur d’un Moyen-Orient secoué. Le ministère égyptien du Pétrole a d’ailleurs annoncé la mise en œuvre d’un plan d’urgence énergétique, incluant la réduction des livraisons de gaz à certaines industries et le redémarrage de centrales fonctionnant au diesel, comme l’a rapporté franceinfo avec l’AFP.
L’inauguration du GEM devait rassembler des figures de premier plan de la scène internationale, parmi lesquelles les présidents Joe Biden et Felipe VI, selon plusieurs sources officielles. Malgré le report, plusieurs salles du musée sont d’ores et déjà ouvertes au public, offrant un aperçu de ce que promet d’être l’un des plus vastes et modernes complexes muséaux jamais construits.
Alors que la région demeure instable, la diplomatie culturelle égyptienne prend un temps d’arrêt, mais sans renoncer. L’inauguration, bien que retardée, s’annonce comme un symbole fort du rayonnement historique de l’Égypte, lorsque le contexte le permettra.