Le Conseil norvégien pour les réfugiés alerte : plus aucune aide disponible à Gaza, le personnel humanitaire affamé
Le Conseil norvégien pour les réfugiés alerte : plus aucune aide disponible à Gaza, le personnel humanitaire affamé

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a lancé mardi un avertissement grave : ses opérations humanitaires à Gaza sont à l’arrêt, faute de fournitures. « Notre dernière tente, notre dernier colis alimentaire, nos derniers secours ont été distribués. Il ne reste plus rien », a déclaré Jan Egeland, secrétaire général du NRC, dans un entretien vidéo accordé à Reuters depuis Oslo.

L’organisation, l’une des plus actives sur le terrain depuis le début du conflit, affirme que certains de ses employés à Gaza sont désormais affamés, incapables de continuer leur travail en raison de la pénurie totale de nourriture et d’eau. « Ce sont des collègues qui travaillaient sans relâche pour sauver des vies, et qui maintenant risquent de perdre la leur », a déploré Egeland.

Le NRC accuse Israël de bloquer les efforts humanitaires, affirmant que l’État hébreu impose des restrictions telles qu’aucune aide ne peut actuellement entrer dans l’enclave. Selon Egeland, « ce n’est pas simplement une crise humanitaire, c’est une politique de famine imposée à une population civile ». L’organisation appelle à une levée immédiate des obstacles logistiques et à l’ouverture de couloirs humanitaires sûrs et continus.

Israël, de son côté, continue de nier toute responsabilité directe dans les pénuries. Les autorités israéliennes affirment ne pas interdire l’acheminement de l’aide humanitaire, rejetant la faute sur le Hamas, qu’elles accusent de détourner l’aide ou d’attaquer les convois. Mais les ONG internationales dénoncent une situation de plus en plus intenable, marquée par des autorisations arbitraires, des inspections longues et imprévisibles, et des zones d’accès restreintes.

Cette déclaration du Conseil norvégien pour les réfugiés intervient alors que la famine à Gaza s’aggrave de jour en jour. Les hôpitaux sont débordés, les enfants meurent de malnutrition, et les familles survivent tant bien que mal dans des abris de fortune, sans électricité ni soins. Des scènes de chaos ont été rapportées autour des rares points de distribution où de petites quantités d’aide arrivent encore.

Egeland a appelé la communauté internationale, en particulier les pays donateurs, à exercer une pression immédiate sur les belligérants pour garantir l’accès humanitaire. « Les engagements politiques ne suffisent plus. Si rien ne change dans les jours à venir, nous assisterons à un effondrement total des services humanitaires à Gaza », a-t-il prévenu.

Le cri d’alarme du NRC s’ajoute à ceux d’autres agences des Nations unies et ONG actives dans la région. Tous décrivent une situation d’une gravité extrême, dans laquelle l’aide internationale, même lorsqu’elle existe sur le papier, ne peut plus atteindre ceux qui en ont désespérément besoin.

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