JÉRUSALEM – Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a ordonné ce dimanche à l’armée d’empêcher le yacht humanitaire Madleen, actuellement en route vers Gaza, d’atteindre les côtes de l’enclave palestinienne. À bord du navire se trouvent plusieurs militants pro-palestiniens, dont la militante climatique suédoise Greta Thunberg. Le bateau, qui a quitté la Sicile le 6 juin, navigue sous pavillon britannique et se situe à environ 160 milles nautiques des côtes gazaouies, selon les organisateurs de la mission.
Affrété par la Coalition de la flottille de la liberté (FFC), le Madleen transporte une aide humanitaire symbolique – notamment du riz et du lait maternisé – destinée à la population de Gaza, soumise à un strict blocus israélien depuis des années. Selon la porte-parole du FFC, Hay Sha Wiya, les membres de l’équipage se préparent à une probable interception par les forces israéliennes. Le groupe affirme vouloir attirer l’attention sur ce qu’il considère comme un siège illégal et sur l’aggravation de la crise humanitaire dans l’enclave.
« À Greta l’antisémite et à ses amis qui propagent la propagande du Hamas, je dis clairement : vous feriez mieux de faire demi-tour, car vous n’atteindrez pas Gaza », a déclaré le ministre Katz dans un communiqué, affirmant que le blocus naval est essentiel pour empêcher le transfert d’armes au mouvement islamiste. Greta Thunberg a rejeté les accusations d’antisémitisme et déclare avoir rejoint l’expédition pour dénoncer les violations du droit international humanitaire et défendre l’acheminement de l’aide aux civils.
Le Madleen compte 12 personnes à son bord, dont Rima Hassan, députée française au Parlement européen. Selon la presse israélienne, l’armée prévoit d’intercepter le navire avant qu’il ne parvienne à Gaza, puis de le rediriger vers le port israélien d’Ashdod. Les passagers seraient ensuite expulsés du territoire.
L’incident rappelle les événements de 2010, lorsque des commandos israéliens avaient abordé le navire turc Mavi Marmara – également en route vers Gaza – entraînant la mort de 10 militants et une crise diplomatique majeure.
Israël justifie le maintien de son blocus comme une mesure vitale contre le Hamas, responsable d’une attaque sanglante contre le sud d’Israël en octobre 2023, ayant causé la mort de plus de 1 200 personnes selon les autorités israéliennes. Depuis, plus de 54 000 Palestiniens auraient été tués à Gaza selon le ministère de la Santé de l’enclave, et l’ONU alerte désormais sur un risque imminent de famine pour la majorité des 2,3 millions d’habitants.