L’armée israélienne a annoncé mercredi avoir intercepté un missile balistique tiré depuis le Yémen, dans un contexte régional extrêmement tendu et alors que le président américain Donald Trump est en visite officielle dans le Golfe.
Le tir de missile a été revendiqué par les Houthis, groupe armé yéménite soutenu par l’Iran. Il s’agit de la première attaque confirmée contre Israël depuis que les États-Unis ont conclu, début mai, un accord de cessez-le-feu avec les Houthis, mettant fin à une campagne aérienne américaine de plusieurs semaines visant à stopper leurs frappes contre la navigation commerciale en mer Rouge.
Le lancement a eu lieu alors que les sirènes d’alerte retentissaient dans plusieurs villes israéliennes, notamment à Jérusalem, où des habitants ont été vus se mettant à l’abri dans la panique. Aucun dégât ni victime n’ont été signalés à ce stade, les systèmes de défense israéliens ayant intercepté le projectile en vol.
Alors que Donald Trump a annoncé avoir obtenu des Houthis l’engagement de ne plus viser les navires américains, ces derniers ont clairement indiqué qu’ils continueraient leurs attaques contre Israël. « Notre position à l’égard du régime sioniste ne change pas », a déclaré Yahya Saree, porte-parole militaire du mouvement, lors d’une déclaration antérieure.
Depuis novembre 2023, les Houthis ont intensifié leurs attaques contre des navires marchands en mer Rouge, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, où la guerre fait rage depuis l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023. Cette offensive a déclenché une campagne militaire israélienne d’envergure dans l’enclave palestinienne.
Le tir de missile de ce mercredi met à l’épreuve la solidité de l’accord de cessez-le-feu entre Washington et les Houthis, salué par l’administration Trump comme un succès diplomatique majeur. Il intervient alors que le président américain poursuit sa tournée dans la région, après avoir scellé plusieurs accords stratégiques et commerciaux avec ses alliés du Golfe, dont l’Arabie saoudite et le Qatar.
La poursuite des attaques houthis contre Israël suggère que le cessez-le-feu négocié avec Washington n’inclut pas d’engagement à réduire les tensions régionales plus larges. La situation risque ainsi de compliquer davantage les efforts de stabilisation dans une région déjà secouée par de multiples foyers de crise.