TEL-AVIV — Israël a approuvé lundi un plan visant à capturer l’ensemble de la bande de Gaza et à y maintenir une présence militaire indéfinie, selon deux responsables israéliens. Cette décision, qui marque une escalade majeure dans la guerre contre le Hamas, intervient alors que la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne est déjà qualifiée de « pire crise en 19 mois de conflit » par les Nations Unies.
Les ministres du gouvernement israélien ont validé le plan lors d’un vote à l’aube, quelques heures après que le chef d’état-major de l’armée a annoncé la mobilisation de dizaines de milliers de réservistes. Le projet prévoit une avancée militaire progressive vers le sud du territoire palestinien, contrôlé à environ 50 % par Israël à ce jour.
Les responsables, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont indiqué que le plan visait à affaiblir le Hamas, à empêcher le groupe de distribuer l’aide humanitaire — ce que Tel-Aviv qualifie de stratégie de renforcement de son pouvoir — et à accroître la pression en vue d’obtenir un accord favorable sur les otages encore détenus à Gaza.
Cependant, cette avancée pourrait entraîner le déplacement forcé de centaines de milliers de civils palestiniens vers le sud, exacerbant davantage une crise humanitaire déjà dramatique. Depuis l’effondrement du cessez-le-feu en mars, Israël a bloqué l’entrée de toute aide humanitaire, provoquant famine, pillages et pénuries massives de biens essentiels.
Un mémo interne des Nations Unies, consulté par l’Associated Press, révèle qu’Israël prévoit de confier la distribution de l’aide à des sociétés de sécurité privées, en utilisant notamment la reconnaissance faciale et des alertes SMS. L’ONU a refusé de participer au programme, qu’elle considère comme une tentative de contrôle militaire de l’aide humanitaire et une violation de ses principes fondamentaux. Selon l’organisation, ce dispositif risque de laisser des pans entiers de la population, notamment les plus vulnérables, sans assistance.
Sur le terrain, les bombardements israéliens se sont intensifiés, avec au moins 17 morts à Gaza-Nord dans la nuit, selon les hôpitaux. Des frappes ont touché Gaza-Ville, Beit Hanoun et Beit Lahia, tuant notamment des femmes et des enfants.
La guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui avait fait 1 200 morts et 250 otages, a déjà coûté la vie à plus de 52 000 personnes dans la bande de Gaza, d’après les autorités sanitaires locales. Israël affirme qu’au moins 59 otages sont encore détenus, dont 35 présumés morts.
Ce nouveau plan israélien pourrait susciter une vive réaction de la communauté internationale, alors que les appels à une solution négociée se heurtent à l’intransigeance des deux camps. Tandis qu’Israël refuse de mettre fin au conflit tant que le Hamas ne sera pas éliminé, le groupe islamiste réclame un cessez-le-feu global en préalable à toute discussion.