DEIR AL-BALAH, Gaza — Au moins 45 Palestiniens ont été tués, dont plusieurs femmes et un nourrisson âgé d’une semaine, dans une série de frappes israéliennes survenues dans la nuit de mardi à mercredi à travers la bande de Gaza, ont rapporté les hôpitaux de l’enclave. Ce nouveau bilan dramatique intervient alors que la guerre d’Israël contre le Hamas se poursuit sans répit, malgré une montée des condamnations internationales face à l’intensification de l’offensive.
Mardi, Israël avait commencé à autoriser l’entrée de plusieurs dizaines de camions d’aide humanitaire dans Gaza. Mais selon les ONG présentes sur le terrain, aucune de ces livraisons cruciales n’a pu atteindre les populations en détresse. Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que les cargaisons avaient bien franchi la frontière, mais qu’une intervention de l’armée israélienne avait forcé les travailleurs humanitaires à transborder les vivres sur d’autres véhicules, ce qui a fait perdre un temps précieux et rendu impossible leur distribution.
Des notes internes échangées mercredi entre les organisations humanitaires et consultées par l’Associated Press indiquaient qu’aucun camion n’avait quitté le point de passage de Kerem Shalom, au sud de Gaza. Bien que 65 véhicules aient traversé du côté israélien vers le côté palestinien du terminal, ils n’avaient toujours pas atteint la bande de Gaza. L’agence israélienne chargée de superviser l’aide a affirmé que les livraisons se poursuivaient mercredi matin, sans qu’il soit toutefois clair si cette aide était effectivement distribuée.
Pendant ce temps, les frappes se sont poursuivies. À Khan Younès, au sud, 24 personnes ont été tuées, dont 14 membres d’une même famille, selon les services de santé. Une autre frappe, au centre de Gaza, a coûté la vie à un nourrisson d’à peine une semaine. L’armée israélienne n’a pas immédiatement commenté les événements, mais a réaffirmé viser les infrastructures du Hamas, qu’elle accuse d’utiliser des zones civiles pour mener ses opérations.
Sur le plan diplomatique, la pression s’accentue. Le Royaume-Uni a suspendu mardi ses négociations de libre-échange avec Israël, après l’annonce, lundi, par Londres, Ottawa et Paris, de mesures concrètes pour pousser Israël à mettre fin au conflit. Par ailleurs, l’Union européenne envisage de réexaminer ses accords commerciaux avec Israël au regard de sa conduite dans la guerre à Gaza.
Israël a rappelé mardi son équipe de négociation de haut niveau engagée dans les pourparlers de cessez-le-feu à Doha, au Qatar, ne laissant sur place que des émissaires de second rang. Tel-Aviv insiste sur le fait que la guerre ne s’arrêtera que lorsque tous les otages seront libérés et que le Hamas sera défait, exilé ou désarmé. Le Hamas, de son côté, conditionne toute libération à un retrait total d’Israël de Gaza et à la fin des hostilités, tout en refusant les exigences d’exil ou de désarmement.
Le conflit, déclenché par une attaque du Hamas le 7 octobre 2023 ayant causé 1 200 morts et 251 enlèvements en Israël, a conduit à une riposte militaire massive. D’après le ministère de la Santé de Gaza, plus de 53 000 Palestiniens ont été tués depuis, principalement des femmes et des enfants. Les autorités israéliennes estiment que 58 otages restent aux mains du Hamas, dont environ un tiers serait encore en vie.