Les frappes israéliennes ont tué au moins 23 personnes dans la bande de Gaza dans la nuit de jeudi à vendredi, selon les hôpitaux locaux, tandis qu’Israël poursuit son offensive militaire malgré une pression internationale croissante pour autoriser une aide humanitaire plus substantielle. Ces nouvelles attaques ont visé plusieurs zones densément peuplées du territoire déjà ravagé par près de trois mois de blocus.
Dix personnes ont été tuées dans la ville méridionale de Khan Younès, quatre à Deir al-Balah, dans le centre de l’enclave, et neuf autres dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord, selon les informations fournies par les hôpitaux Nasser, Al-Aqsa et Al-Ahli. Ces frappes interviennent dans un contexte de crise humanitaire aiguë, avec un risque de famine imminent pour la majorité des deux millions d’habitants de Gaza, selon les Nations Unies.
La communauté internationale, y compris les États-Unis, alliés historiques d’Israël, exprime de plus en plus d’inquiétudes quant à la situation humanitaire dans l’enclave. Face à cette pression, Israël a laissé passer plus de 100 camions d’aide humanitaire vendredi via le point de passage de Kerem Shalom. Ces convois transportaient notamment de la farine, de la nourriture, du matériel médical et des médicaments. Toutefois, les agences de l’ONU soulignent que ces livraisons restent très en deçà des besoins — environ 600 camions par jour sont nécessaires pour couvrir les besoins fondamentaux de la population.
Sur le terrain, la distribution de l’aide reste entravée par les restrictions militaires israéliennes et l’effondrement de l’ordre public à Gaza. Selon les agences humanitaires, seule une infime partie de l’aide parvient effectivement à ceux qui en ont besoin. Jeudi, des chars israéliens et des drones ont pris pour cible l’hôpital Al-Awda, dans le nord du territoire, causant d’importants dégâts et déclenchant un incendie. Des vidéos filmées par un membre du personnel montrent des murs éventrés et une épaisse fumée noire s’échappant des décombres.
Israël justifie la poursuite de ses frappes par la nécessité de libérer les 58 otages encore détenus par le Hamas, dont moins de la moitié seraient encore en vie. Les négociations de cessez-le-feu n’ont pas avancé, malgré une semaine de discussions à Doha, la capitale du Qatar. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a ordonné le rappel de son équipe de haut niveau, bien qu’un groupe de travail reste sur place. Les autorités qatariennes ont évoqué un « fossé fondamental » entre les deux parties.
Le Hamas, de son côté, accuse Netanyahou de simuler des négociations afin de tromper l’opinion publique internationale. Le mouvement islamiste affirme qu’aucune discussion réelle n’a eu lieu depuis la semaine dernière.
Le conflit a éclaté après l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours de laquelle quelque 1 200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans le sud d’Israël, et 251 autres enlevées. Depuis, l’offensive israélienne a tué plus de 53 000 Palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui ne distingue pas les civils des combattants dans ses bilans. Les destructions à Gaza sont massives, et les signes de malnutrition sévère se généralisent, selon les organisations humanitaires.