Le gouvernement zimbabwéen a approuvé un projet de loi visant à modifier la Constitution afin de prolonger la durée des mandats présidentiels, une réforme qui permettrait au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030.
Selon le texte validé par le cabinet, la durée du mandat présidentiel passerait de cinq à sept ans. Cette modification ouvrirait la voie à une extension du mandat en cours du chef de l’État, arrivé au pouvoir en 2017 après la destitution de Robert Mugabe et réélu lors du scrutin de 2023.
Le projet de loi prévoit également un changement majeur du mode d’élection du président. Au lieu d’un suffrage universel direct, le chef de l’État serait désormais élu par le Parlement, une disposition qui suscite déjà de vives critiques au sein de l’opposition et de la société civile.
Les détracteurs de la réforme estiment qu’elle affaiblirait davantage les institutions démocratiques du pays et réduirait la capacité des électeurs à choisir directement leur dirigeant. Des organisations de défense des droits civiques ont, par le passé, dénoncé des réformes constitutionnelles perçues comme taillées sur mesure pour maintenir le pouvoir en place.
Le gouvernement, de son côté, défend ces changements en invoquant la nécessité d’assurer la stabilité politique et la continuité des politiques économiques, dans un pays confronté à une inflation élevée, à une crise monétaire persistante et à des sanctions internationales.
Le projet de loi doit encore être soumis au Parlement, où le parti au pouvoir dispose d’une majorité suffisante pour faire adopter le texte, avant toute éventuelle promulgation.